Déclaration des communautés insulaires et riveraines du lac Tchad

Les communautés insulaires et riveraines du lac Tchad réunies à N’Guigmi ce jour vendredi 29 décembre 2017 en vue d’examiner la situation socio sécuritaire font la déclaration dont la teneur suit :
• Par un communiqué en date du 26/04/2015, le gouvernement intima aux populations des villages insulaires et riveraines du Lac Tchad l’ordre d’évacuer le Lit du Lac, déclaré « zone de guerre ».
• Cette évacuation inopportune et mal préparée a eu des conséquences désastreuses pour cette communauté (mort d’hommes, biens matériels perdus, habitations détruites, animaux laissés dans la précipitation au profit de Boko Haram et d’autres prédateurs)
• Cette évacuation aurait permis de faciliter aux forces de défense et de sécurité de lutter efficacement contre Boko Haram. Or, Boko Haram continue à faire des incursions quotidiennes pour faire des rapts, tuer et emporter des biens de ces populations évacuées.
Aujourd’hui, force est de constater la présence d’autres groupes armés opérant dans la zone sous le fallacieux prétexte d’auto-défense motivé par le vol de quelques chameaux de Mohamid et l’enlèvement de trois (3) femmes peulh et vol de quelques chèvres. Ces groupes démasqués au grand jour bénéficie malheureusement de la bienveillance d’une « autorité » qui ne dit pas son nom ; alors que cette zone n’est ni leur terroir d’attache encore moins leur milieu de vie. Et de surcroit, ils ne sont pas plus affectés que les autres communautés autochtones.
Si la perte des animaux et des personnes devait permettre la création des milices alors quelles alternatives pour les autres communautés qui ont presque tout perdu.
Pour nous, la défense du territoire, des personnes et de leurs biens est dévolue aux forces Nigériennes de Défense et de Sécurité et ne saurait être sous-traitée en aucune circonstance avec un quelconque groupe d’autodéfense soit-il.
Malheureusement, depuis l’apparition de ces milices nous relevons la tuerie de plusieurs personnes et le vol de plus de 3000 têtes de bétail.
En conséquences de cause, nous demandons au Gouvernement de démanteler dans les meilleurs délais ces milices et de les évacuer du lit du Lac Tchad car ces communautés incriminées n’ont pas le monopole de l’élevage, ni de la violence dans cette Région fragile qui n’a nullement besoin d’autres conflits.

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