Le Mali et l’impuissance politique de la France

Au Mali, les terroristes sont à l’offensive, ils ont fait près de 40 morts en l’espace de 24 heures. Ça va mal sur le plan sécuritaire. Sur le plan politique, c’est pire.

A l’aube, les terroristes ont attaqué deux postes militaires dans le centre du Mali. En début de matinée, c’est un camion rempli de civils qui allaient au marché qui a sauté sur une mine près de la frontière burkinabé, 30 morts un carnage. Puis, on apprend que deux douaniers sont tombés au cours d’une fusillade dans l’ouest. Ajoutez à cette litanie, la mutinerie d’un peloton de gendarmes et on mesure combien la situation s’est dégradée.

L’état islamique gagne du terrain.

Après les Arabes, et les Touaregs au nord, c’est au tour des Peuls du centre de basculer dans la rébellion. Les djihadistes rallient les paysans abandonnés à leur sort, ils liquident les caciques locaux, ils rendent une justice sommaire, ils enrôlent ceux qui vivaient de la contrebande et que la présence de l’armée dérange dans leurs trafics, ils intimident tous les autres.  Bref, ils sont de plus en plus comme des poissons dans l’eau. C’est le contraire pour les militaires. Les 12.000 casques bleus, les soldats maliens et maintenant ceux du G5 Sahel servent de cibles aux embuscades ou se bunkérisent.
La seule force opérationnelle, ce sont les Français de Barkhane. Ils ont été accueillis en libérateurs, ils sont vus désormais en force d’occupation. Ça fait trop longtemps qu’ils sont là et que rien ne change.

À qui la faute ?

Les Français grincent des dents en désignant Ibrahim Boubabar Keita, IBK, le Président malien.

Hier, le conseil de sécurité l’a mis en demeure d’appliquer enfin l’accord de paix avec les Touaregs qui avait été péniblement négocié et signé à contre cœur. C’était en 2015. IBK l’a laissé pourrir sur pied. Trois ans de perdus. Il n’y a pas eu de paix des braves. L’argent qui devait financer la reconstruction du nord a été détourné. Avec son regard de myope, sa fausse humilité et son air bonasse, IBK est un politicien roué. On l’écoute faire des phrases, un vrai démagogue. Il sait bien que les électeurs du sud n’ont que mépris et rancune pour ceux du nord. Pourquoi donc les chagriner alors qu’il veut se faire réélire en juillet pour un nouveau mandat. C’est irresponsable ? Même au milieu du Sahel, on peut dire « après moi le déluge ».

Emmanuel Macron aurait tenté de le dissuader de se représenter.

IBK ne s’appelle pas François Hollande. Il répond qu’il fera la volonté d’Allah. Il est parfait, IBK. Il nous tient en otage. Nous sommes piégés au Sahel. Comme les Américains en Afghanistan.
Impossible d’abandonner le terrain, de lâcher un allié qu’on tient à bout de bras et qui nous déteste. Un régime qui est élu ET corrompu. On a gagné une guerre, mais on a perdu la paix pendant que l’autre perdait son temps.

Par Vincent HERVOUET

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