Agadez : atelier de formation sur la coopération judiciaire dans la lutte contre la criminalité transnationale

La lutte contre la criminalité transnationale organisée tel le trafic de drogue, la traite des personnes, le trafic de migrants doit nécessairement faire recours aux mécanismes de la coopération internationale, à laquelle les instruments universels, notamment de l’Assemblée Générale des Nations Unies et du Conseil de Sécurité exhortent nos Etats. Cependant la coopération judiciaire pose de nos jours de nombreux problèmes aux pays concernés compte tenu de la diversité des systèmes de justice pénale. C’est pourquoi de plus en plus les Etats avec l’appui des Nations Unies entrent dans une nouvelle ère de coopération plus souple à travers la mise en place des réseaux de coopération judiciaire dits informels.
Dans ce cadre, du 6 au 7 octobre 2020 a eu lieu dans la salle de réunion de la Maison de jeunes et de la Culture- Laya d’Agadez un atelier de formation sur la coopération judiciaire dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée par l’Office National d’Entraide Pénale et Coopération Judiciaire en partenariat avec EUCAP Sahel. Plusieurs responsables de la sécurité et du corps judiciaire y ont pris part.
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DES OUTILS JURIDIQUES ELABORES POUR LUTTER CONTRE LA CRIMINALITE TRANSNATIONALE


A l’entame de la rencontre, le Gouverneur d’Agadez Sadou Soloké a pris la parole pour expliquer que « la criminalité transnationale organisée constitue l’un des grands défis et une préoccupation mondiale pour lesquels seule une action concertée de la communauté internationale, peut endiguer son ascendance sur la paix et le développement durables. Cette menace de notre ère nous oblige à nous munir non seulement des moyens militaires mais également des moyens juridiques pour faire face à ce phénomène complexe en mutation constante ». Sadou Soloké a précisé qu’il est important de noter que la région du sahel connait aujourd’hui un développement croissant de la criminalité notamment la traite des personnes, et le trafic illicite des migrants dont les victimes se comptent par dizaine tous les jours. Les crimes traumatisent les victimes directes et collatérales, et dont seule une satisfaction en besoins physiques et émotionnels peut souvent avoir un impact considérable sur la façon dont celles-ci peuvent se remettre de leur traumatisme.
Il a en outre expliqué que « la migration transnationale revêt des formes différentes. Elle concerne les personnes qui sont forcées de quitter leur pays et celles qui, pour des raisons économiques, émigrent à titre volontaire pour mieux gagner leur vie. Le nombre total de migrants a sensiblement augmenté durant ces dernières années et atteint aujourd’hui plus de 3 % de la population mondiale ». Avant de souligner qu’une autre préoccupation mondiale et sous régionale est l’usage et le trafic illicite des drogues. « Ceux-ci prennent des proportions inquiétantes, pouvant impacter négativement le fondement même de nos Etats. En effet, face à la mondialisation de l’offre et de la demande de drogues, et au regard de l’ampleur des conséquences économiques, sociales et sanitaires de son abus, la communauté internationale s’est organisée pour une riposte multisectorielle et concertée. Il est clair que notre pays ne peut pas rester en marge de cette dynamique mondiale », a alerté le Gouverneur d’Agadez.


En prenant la parole à son tour M. Walter BARTSCH, Chef d’antenne EUCAP SAHEL AGADEZ a tenu tout d’abord à remercier vivement au nom de la mission EUCAP Sahel Niger le Ministère nigérien de la justice à travers l’Office National d’Entraide Pénale et de coopération Judiciaire, pour cette initiative de formation au profit des magistrats et policiers sur la Coopération judiciaire dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée.
M. Walter a souhaité qu’à « travers cette formation de deux jours au profit des acteurs de la chaine pénale dans les enquêtes et poursuite des infractions liées à la criminalité transnationale organisée ; le mécanisme de coopération judiciaire et d’entraide pénale soit renforcé que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’extérieur des frontières nationales ».


Un objectif atteint selon M. Issoufou, participant à la rencontre. « C’est un bon choix qui a été porté sur Agadez car il est connu de tous que des trafics en tous genres ont lieu dans cette région. Plusieurs facteurs favorisent cela, notamment la porosité de nos frontières, la non rigidité de nos lois et bien d’autres encouragés par l’effondrement de la sécurité en Libye et au Mali. De 2018 à 2019, plus de 7 tonnes de produits prohibés ont été saisis au Niger. Voyez-vous ! Nous devrons ouvrir les yeux et fortifier nos instruments juridiques. Et c’est cela l’objectif de cette formation ».

En rappel, la mission EUCAP Sahel Niger œuvre aux cotés des Forces de sécurité et de la justice du Niger depuis 2012 pour soutenir leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme, la traite des personnes et la criminalité transnationale organisée à travers des formations, des conseils stratégiques et la fourniture des équipements dont les forces ont besoin pour mener à bien ses différentes missions. Depuis quelques années, la mission s’est engagée auprès du Ministère de la justice pour l’appuyer dans toutes les activités concourant à la cohérence de la chaine pénale, toute en rapprochant les magistrats et des Officiers de Police Judiciaire (OPJ pour rendre les services de la justice efficace, cohérents et proches des justiciables, afin de garantir un état de droit dans le pays.
Au cours du mandat actuel de 2 ans, la mission EUCAP Sahel Niger va continuer à soutenir les forces de sécurité nigériennes et le système judiciaire à travers des formations spécialisées, des programmes de suivi et accompagnement et à travers des conseils stratégiques auprès des partenaires nigériens.

  1. Mouhmoud Hamid

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