Agadez/Dégradation des axes routiers urbains : l’entreprise PFEIFFER indexée

A Agadez, ces derniers jours, des acteurs de la société civile montent au créneau et dénoncent vertement la dégradation continue de certains axes routiers de la ville. C’est surtout le cas de la route reliant le Rond-point de l’Aéroport à la Brigade de gendarmerie qui provoque la colère de la population.

Pour l’activiste Boubacar Wadel, président du Conseil communal des jeunes d’Agadez  » Trop, c’est trop ! Ceux qui ont fait les travaux d’installation de ces tuyauteries ont abîmé cette route. Ils ont laissé sur place des nids de poule, des tas des roches, des cailloux qui causent des accidents souvent mortels. Nous interpellons l’entreprise PFEIFFER et tous ses complices pour corriger ces dégâts ». Même dégout exprimé par le jeune Halid  » il est vraiment nécessaire de situer les responsabilités dans cette forfaiture afin que les auteurs répondent de leurs actes. C’est vraiment désolant ! ».
D’autres activistes vont jusqu’à vouloir assigner en justice l’entreprise en charge des travaux pour disent-ils « dégradation des biens publics ». Outre cela, certains activistes dénoncent aussi le « silence des autorités locales qui se complaisent dans une inertie écœurante face à cette situation ».

Pour Abdourahamane Tourawa, maire élu d’Agadez, la commune n’a pas qualité à agir dans cette situation. « Le problème de PFEIFFER sur le réseau routier est complexe. L’entreprise devrait adresser 2 types de demandes, l’une à la direction régionale de l’équipement pour la route nationale et l’autre à la mairie pour la voirie urbaine. Au niveau de la voirie urbaine, l’axe allant de l’Aéroport à la gendarmerie n’est pas encore réceptionné, il reste toujours propriété de l’entreprise Mahamoud BTP qui peut porter plainte pour dégradation de sa route non réceptionnée. L’entreprise PFEIFFER pourrait se défendre si elle avait eu l’autorisation de la direction régionale de l’équipement ou la Mairie, ce qui n’est pas le cas ! En définitif, il revient à PFEIFFER de remettre les voies en état après travaux comme stipulé par les clauses des Travaux publics ». Et un autre élu de préciser à l’intention de l’entreprise PFEIFFER, responsable de ces désagréments que « les travaux publics sont du domaine de l’ingénierie, ce n’est pas le terrain qui commande mais le planning d’objectifs ».

Cet axe, rappelons-le fait partie des travaux de 10 km de voirie urbaine sur financement de l’État à travers le Partenariat Public-Privé (PPP) et qui a été exécuté par l’entreprise Mahmoud BTP à plus d’un milliard de FCFA en prélude à la fête tournante du 18 décembre 2016 communément appelée Agadez Sokni. « Ce tronçon a été certes réalisé mais n’a pas encore été réceptionné et par conséquent reste et demeure à ce jour la propriété de l’entreprise Mahmoud BTP », a rappelé M. Tourawa, maire d’Agadez.

Afin de voir clair dans cette affaire, le reporter d’Aïr Info a contacté l’entreprise Mahmoud BTP qui a réalisé l’axe Rond-point Aéroport, lequel a été fortement dégradé par les travaux de PFEIFFER.
Pour Mohamed Chérif, patron de Mahmoud BTP « Ils ont dégradé tous les tronçons réalisés à grands frais ! Si cette entreprise (Ndlr : PFEIFFER) refuse de nous dédommager, alors nous serons obligés d’aller en procès avec elle ! ».

Joint par le journal Aïr Info, le responsable local de PFEIFFER, M. Pascal Tsofack a réagi à toutes ces allégations. « Permettez-moi de vous rappeler que ce marché d’Adduction d’eau potable à Agadez est composé de 3 lots dont 2 ont été attribués à PFEIFFER. Le troisième est revenu à l’entreprise burkinabé CGA. Par rapport aux griefs de dégradation qui nous sont adressés, je voudrai rassurer la population d’Agadez qu’il est prévu de réparer tout ce qui a été cassé et l’entreprise Gecoba, spécialisée dans le domaine des routes, a déjà commencé à réparer certains axes. Notamment celui qui passe devant le Gouvernorat d’Agadez. Nous demandons aux gens d’être patients car avant de refermer ces axes cassés aux fins de pose de nos tuyaux, on doit faire des tests de pression ! La bonne nouvelle est que nous sommes en phase de raccordements qui est synonyme de fin des travaux ».

En rappel, ce marché financé par la Banque Mondiale en partenariat avec l’Etat du Niger a été attribué à ces deux entreprises par la Société de Patrimoine des Eaux du Niger (SPEN). Il fait suite à l’Appel d’offres International N°002/DPI/SPEN/2018, pour les travaux de renforcement et extension des systèmes d’alimentation en eau potable de la ville d’Agadez pour une durée globale de 15 mois. Un délai largement dépassé que M. Pascal Tsofack impute aux « difficultés liées à la caractéristique du terrain et à la lenteur des procédures administratives ».

Soulignons enfin qu’en attendant la fin de ces travaux, l’eau manque toujours dans plusieurs quartiers de la ville d’Agadez. Outre les autorités communales qui font de leur mieux pour alléger cette cruciale pénurie, d’autres bonnes volontés, opérateurs économiques locaux pour la plupart, y contribuent en fournissant gratuitement de l’eau aux populations.

Ibrahim Manzo DIALLO

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