Niger : après la tentative de déstabilisation à Niamey, le gouvernement accuse ouvertement la France et menace de saisir la justice internationale

Le gouvernement nigérien accuse officiellement la France d’être à la tête d’un « vaste réseau de connivence » derrière la « tentative de déstabilisation » survenue les 28 et 29 août 2026 à la base aérienne 101 de Niamey. Réuni vendredi 4 septembre en Conseil des ministres autour de cette affaire, il affirme avoir constitué une « documentation conséquente » et dit se réserver le droit d’intenter des actions devant la justice internationale.

Dans un communiqué, lu par le porte-parole du gouvernement, Niamey affirme que « cette opération aux ramifications internationales a été incitée et entretenue par un vaste réseau de connivence à la tête duquel se trouve le régime français de monsieur Macron ». Des « éléments felons et renégats » auraient, selon les autorités, été chargés d’exécuter les « desseins non assouvis » de la France au Niger.

Le communiqué ne cite aucun pays africain nommément, mais dénonce le rôle de « certains de nos frères africains », accusés de servir de « passerelle aux actions déstabilisatrices » et aux intérêts de la France.

Cette accusation intervient après le témoignage du capitaine Roger Gabriel, diffusé mardi par la télévision publique nigérienne. L’officier avait évoqué des préparatifs impliquant, selon lui, le Tchad et des forces spéciales françaises pour soutenir les militaires engagés à la base 101, avec l’aval de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il avait également cité le Bénin, la Côte d’Ivoire et des proches de l’ancien président Mohamed Bazoum. Ces affirmations n’ont pas été corroborées publiquement.

Le gouvernement nigérien ne détaille pas, dans son communiqué, les éléments de la « documentation conséquente » qu’il dit avoir réunie. Il affirme néanmoins que cette opération s’inscrit dans une série d’actions visant à « ébranler » la marche du Niger vers la souveraineté et la maîtrise de ses ressources naturelles.

L’accusation contre la France n’est pas nouvelle. Depuis le renversement de Mohamed Bazoum en juillet 2023, les autorités nigériennes ont régulièrement accusé Paris de chercher à déstabiliser le régime militaire.

Les événements des 28 et 29 août avaient d’abord été qualifiés par Niamey de « mouvement d’humeur » de militaires. Le pouvoir les présente désormais comme une tentative de « déstabilisation à ramifications internationales ».

La France n’a pas réagi publiquement à ces nouvelles accusations. Elles restent cependant contestées par plusieurs des pays cités dans le récit nigérien : Abuja et Cotonou ont rejeté toute implication dans les événements de Niamey, tandis que la Côte d’Ivoire n’a pas répondu publiquement. À N’Djamena, le gouvernement n’a pas non plus publié de démenti officiel, même si le président Mahamat Idriss Déby Itno a partagé sur Facebook un verset coranique appelant à ne pas « mêler le faux à la vérité ». Les autorités nigériennes n’ont, à ce stade, pas rendu publics les éléments permettant de vérifier indépendamment ces accusations.

Aïr-Info Agadez 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*