Appel de Bamako : six mois après, les leaders religieux et traditionnels du Sahel rappellent l’urgence d’agir pour la paix 

Six mois après le Forum régional de plaidoyer et de mobilisation des ressources pour la paix, qui s’est tenu à Bamako les 26 et 27 mars 2026, l’Initiative du Sahel pour la Paix (SPI), mise en œuvre au Niger par la CADEV-Niger, dresse un premier bilan de l’« Appel de Bamako ». Porté par des leaders religieux et traditionnels du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali et du Niger, cet appel solennel engage ses signataires à œuvrer collectivement pour la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Alors que les défis sécuritaires, humanitaires et politiques persistent, les signataires insistent sur la nécessité de traduire ces engagements en actes concrets, à travers le dialogue, la prévention des conflits, la mobilisation communautaire et le soutien aux initiatives locales de paix.

Six mois après l’adoption de l’« Appel de Bamako pour la paix », l’Initiative du Sahel pour la Paix (SPI) et ses partenaires appellent à une mobilisation renforcée pour faire face à la crise multidimensionnelle qui frappe la région ouest-africaine. Dans un contexte marqué par l’extension des violences du Sahel central vers les pays côtiers du Golfe de Guinée, les leaders religieux et traditionnels des cinq pays signataires rappellent l’urgence d’une action collective et coordonnée.

Dans leur déclaration, ils dénoncent une crise structurelle, alimentée par la vulnérabilité économique, l’affaiblissement des liens sociaux, les défaillances de gouvernance, les conflits d’accès aux ressources naturelles et l’instrumentalisation des identités. Ils soulignent également les conséquences dramatiques sur les populations : assassinats, enlèvements, fermetures d’écoles et de centres de santé, déplacements massifs et atteintes aux droits fondamentaux.

Face à cette situation, les signataires lancent un appel solennel à l’ensemble des acteurs concernés :

· Aux groupes armés : ils exigent la cessation immédiate des attaques et des massacres, au nom du respect de la vie, « don sacré de Dieu ».

· Aux pouvoirs publics : ils demandent de faire de la protection des populations et du développement humain une priorité absolue, de promouvoir une gouvernance exemplaire, et de soutenir les initiatives locales de paix. Ils insistent sur la nécessité d’une coopération transfrontalière et régionale renforcée.

· Aux leaders religieux et traditionnels : ils les engagent à user de leur autorité morale pour éduquer au respect de la dignité humaine, promouvoir le dialogue interreligieux et préserver les valeurs communes.

· Aux partenaires internationaux et techniques : ils les appellent à soutenir financièrement et techniquement les initiatives de paix, à respecter la souveraineté des peuples sur leurs ressources, et à cesser toute alimentation des conflits.

· Aux médias : ils leur demandent de privilégier un récit constructif, qui éclaire et apaise, plutôt que des discours sensationnalistes.

· Aux communautés locales, familles, femmes et jeunes : ils les invitent à jouer pleinement leur rôle de sentinelles, de médiateurs et de bâtisseurs d’un avenir plus juste et fraternel.

Enfin, les leaders réaffirment leur engagement à collaborer avec toutes les personnes de bonne volonté pour éradiquer les causes profondes des violences. Ils concluent en implorant la bénédiction divine sur le Sahel, l’Afrique de l’Ouest et le monde entier, tout en rappelant que la paix est à la fois un don de Dieu et le fruit d’un effort humain collectif.

L’Initiative du Sahel pour la Paix (SPI) se pose comme un instrument clé de cette dynamique. Elle appelle à un investissement durable et cohérent en faveur de la paix, seul gage de stabilité et de développement pour la région.

Aïr-Info Agadez

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