Région d’Agadez : la création anarchique de villages administratifs inquiète

Bien que droit reconnu à toute communauté humaine de prétendre à son organisation, la création anarchique des villages administratifs dans la région d’Agadez est en passe de devenir un véritable problème.

En témoigne le litige qui oppose actuellement la commune d’Ingall à celle d’Aderbissinat et qui a nécessité avant-hier le déplacement des autorités régionales et élues.

D’après les informations recueillies par Aïr Info, cette mission a passé deux jours entre la commune d’Ingall et celle d’Aderbissinat pour une médiation suite à la création de 5 villages administratifs sis officiellement sur le territoire communal d’Aderbissinat mais dont l’arrêté du ministère de l’intérieur a attribué à la commune d’Ingall.

Du côté d’Ingall, les autorités  assurent le contraire et soutiennent mordicus que ces 5 villages relèvent de leur territoire.
Mais d’après nos recoupements, les populations concernées paient régulièrement leurs impôts à la commune d’Aderbissinat où elles sont rattachées depuis longtemps. Avec les arrêtés ministériels, ces gens sans qu’elles ne soient degrevées d’Aderbissinat, risquent de se retrouver dans la commune d’Ingall.

Dans plusieurs communes d’Agadez, ce phénomène de chef de village est à la mode. Et à l’allure où vont les choses, chaque chef de famille disposera bientôt d’un arrêté de chef de village administratif signé par le ministère de l’intérieur du Niger.
Les dossiers s’accumulent sur les bureaux des préfets avant d’être transmis à Agadez puis Niamey.

Si d’aucuns attribuent cette propension à la création de villages administratifs à des calculs politiques aux fins de gains de suffrages, d’autres pointent du doigt une volonté cachée de déstructuration des chefferies traditionnelles existantes au profit des nouvelles. Ce qui risque de créer un incontrôlable chambardement du vivre-ensemble.

Afin d’éviter que ces créations pêle-mêle de villages administratifs créent des crises sans précédent entre les communautés, les autorités doivent redoubler de vigilance dans l’attribution de ces fameux arrêtés ministériels établis souvent sur des enquêtes biaisées.

Pour le cas du litige entre Ingall et Aderbissinat, l’arbitrage du gouverneur Sadou Soloke est vivement attendu.
Nous y reviendrons !

DIM

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