Lutte antimines au Niger : l’UNICEF aux côtés des communautés pour une campagne de prévention

Lancée le 25 mai à Niamey sous la présidence du secrétaire général de la présidence, Mossi Salou, la campagne nationale d’éducation aux risques des mines et engins explosifs illustre l’engagement conjoint des autorités nigériennes et de l’UNICEF. Face à la recrudescence des accidents, la priorité est donnée à la protection des enfants et des populations vulnérables.

Le Niger, marqué par les rébellions des années 1990 et plus d’une décennie d’insécurité liée aux groupes armés, est confronté à une menace croissante des mines antipersonnel, des restes explosifs de guerre (REG) et des engins explosifs improvisés (EEI). Ces armes, dont l’usage est prohibé par le droit international, contaminent particulièrement les régions de Diffa et Tillabéri, où elles entravent la mobilité des populations, limitent l’accès aux services essentiels et compromettent les moyens de subsistance.

Les données mondiales sont alarmantes : selon le Landmine Monitor, le nombre de victimes de ces engins a augmenté de 22 % en 2024, dont 80 % de civils – une proportion où les enfants figurent en première ligne.

L’UNICEF, un partenaire clé de la prévention

Portée par la Commission nationale pour la collecte et le contrôle des armes illicites (CNCCAI), cette campagne s’inscrit dans le Plan de coopération UNICEF–État du Niger 2023-2027. Elle repose sur une double approche : informer les communautés sur les dangers et former les acteurs de terrain pour qu’ils deviennent des relais efficaces de sensibilisation.

La représentante résidente de l’UNICEF au Niger, Djanabou Mahondé, a souligné l’urgence d’« aider les enfants et les communautés à reconnaître les dangers et à adopter les bons réflexes ». Au-delà des blessures physiques et des pertes humaines, a-t-elle rappelé, « ces engins privent les enfants de leur droit fondamental : apprendre, jouer et grandir en sécurité ».

Des actions concrètes pour protéger les plus vulnérables

L’UNICEF ne se limite pas à la sensibilisation. L’agence onusienne déploie des programmes d’éducation aux risques au profit des éducateurs et des enfants, et renforce les capacités des Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que des acteurs humanitaires. Des sessions de formation ont déjà été organisées dans les régions de Tahoua et Agadez, et la campagne nationale vise à étendre cette couverture à l’ensemble du territoire.

Cette mobilisation s’inscrit dans une stratégie humanitaire plus large : en 2026, l’UNICEF a lancé un appel de fonds de 83 millions de dollars pour apporter une assistance multisectorielle à 2,3 millions de personnes, dont 2 millions d’enfants, au Niger.

Un engagement national et international

En présidant la cérémonie de lancement, le secrétaire général de la présidence, Mossi Salou, a rappelé que l’action antimines « joue un rôle essentiel dans la prévention des accidents à travers la diffusion de messages de sensibilisation ». Le Niger, État partie à la Convention d’Ottawa depuis 1999, réaffirme sa détermination à respecter ses engagements internationaux en matière de déminage humanitaire.

La campagne s’appuie sur des bases solides : des équipes ont déjà été projetées à Tchintabaraden à l’occasion de la fête nationale de la Concorde, et plusieurs centaines d’acteurs humanitaires et étatiques ont été formés à tous les niveaux. L’objectif, selon le colonel Geudel Moussa Mahamadou, secrétaire permanent de la CNCCAI, est que « ces derniers soient les piliers et relais de l’éducation aux risques des mines, chacun dans sa sphère de responsabilité ».

En alliant prévention, formation et plaidoyer, l’UNICEF et ses partenaires nigériens offrent une réponse coordonnée à une menace qui fragilise chaque jour la sécurité et l’avenir des enfants. Une campagne qui, au-delà des mots, construit des réflexes de survie et redonne espoir aux communautés les plus exposées.

Aghali ALLOILI – Aïr-Info 

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