Le secrétaire général adjoint du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, aux côtés de partenaires dont l’UNICEF, a ouvert mercredi 12 août à Niamey les travaux de validation du Plan de communication 2026-2027 contre le trafic et la vente illicite des intrants nutritionnels. Ce plan vise, via une approche multisectorielle, à renforcer la compréhension du caractère gratuit et thérapeutique de ces produits, afin que leur achat, vente ou détournement soient reconnus comme des pratiques préjudiciables aux droits et à la survie des enfants.
Une urgence sanitaire confirmée par l’enquête SMART 2025
Réalisée par l’INS et publiée en janvier 2026, l’enquête nutritionnelle SMART 2025 révèle que la malnutrition aiguë sévère est l’une des principales causes de mortalité infantile au Niger. Chaque année, entre 350 000 et 400 000 enfants sont pris en charge par le système de santé. Le coût de la sous-nutrition chez les enfants est estimé à 289,7 milliards de FCFA, soit 7,1 % du PIB national.
L’enquête met également en lumière des détournements à différents niveaux de la chaîne d’approvisionnement, des utilisations abusives et la présence sur le marché, hors circuits officiels, d’intrants tels que les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (Plumpy’Nut), les compléments alimentaires, les micronutriments et les laits thérapeutiques. « Leur détournement peut priver un enfant d’un traitement essentiel à son rétablissement », alerte Raïssa Edwige Vanian, représentante pays adjointe par intérim de l’UNICEF.
Une communication au cœur de la réponse
Au-delà de l’information, la stratégie de communication se veut exhaustive et participative pour faire évoluer les perceptions et comportements, renforcer la responsabilité de chacun et aider les communautés à mieux comprendre les conséquences de ces pratiques, ainsi que les moyens de les prévenir et de les signaler. Elle mobilisera l’ensemble des acteurs : services de santé, leaders traditionnels et religieux, et communautés elles-mêmes.
L’objectif est de disposer, à l’issue de l’atelier, d’un Plan clarifiant les responsabilités, proposant des messages adaptés aux réalités locales, facilitant le signalement et permettant de mesurer les changements comportementaux. « La réussite se mesurera à la capacité collective à réduire les détournements, à renforcer la vigilance et la redevabilité, et à mieux protéger les ressources destinées aux enfants », souligne Raïssa Edwige Vanian.
Des pratiques qui perdurent, malgré les mesures
Le trafic et la vente illicite persistent, alimentés par la banalisation de l’achat-revente, une faible perception du risque pour les enfants, la méconnaissance du caractère gratuit des produits, l’insuffisance des mécanismes de signalement, la peur de dénoncer, ainsi qu’un suivi communautaire et une redevabilité défaillants dans la chaîne de gestion, explique Abdoulaye Alhassane, secrétaire général adjoint du ministère.
Cet atelier constitue la dernière étape avant l’adoption d’un document stratégique contre ces pratiques douteuses, fondé sur une « approche de Communication pour le Changement Social et Comportemental », conclut-il.
Aghali ALLOILI
Aïr-Info Agadez



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