AGADEZ : TABLE RONDE SUR LES DÉFIS DE L’ORPAILLAGE DANS LE SAHARA NIGÉRIEN

Dans le cadre du projet “Storytelling to fight discrimination and xenophobia in West Africa”, l’association Alternative Espaces Citoyens (AEC) en partenariat avec le Réseau Migration et Développement (REMIDEV) a organisé le 27 août 2026 à Agadez une table ronde de dialogue social.

Placée sous le thème “Sécuritarisme, exploitation des migrants et défis sanitaires dans les zones aurifères du Sahara nigérien”, la rencontre vise à améliorer la perception des migrations en Afrique de l’Ouest en déconstruisant les récits nuisibles et en promouvant un discours fondé sur les droits humains.

Lancé en janvier 2026, ce projet prévoit également des activités similaires à Niamey et Zinder. Pour le Directeur des Programmes d’AEC, M. Hamadou Boulama Tcherno, l’actualité rend ce débat pertinent et urgent. Il a cité l’exemple de la Côte d’Ivoire où, lors du Maouloud 2026, le président du Conseil Supérieur des Imams, ds Mosquées et des Affaires Islamiques (COSIM) a dénoncé “l’orpaillage illégal et sauvage”comme un fléau qui “détruit nos cours d’eau et nos terres cultivables”.

Au Niger, l’orpaillage artisanal a débuté en 1984 à Tillabéri. Il s’est étendu à Agadez en 2014 avec les sites du Massif de l’Aïr, de Djado et de Tchibarakaten. Selon le ministère des Mines, environ 200 sites étaient recensés en 2018 pour plus de 800 000 emplois directs et indirects. Sur certains sites comme Tchibarakaten, jusqu’à 15 nationalités se côtoient.

Mais l’extraction et l’exploitation de l’or s’accompagnent de risques sécuritaires, sanitaires, environnementaux et sociaux. Invoquant des raisons de sécurité et l’opacité des revenus, le gouvernement a fermé plusieurs sites à travers le pays. À Agadez, le site de Djado a été fermé en raison de sa proximité avec la Libye et le Tchad. Les autorités veulent aussi tarir les sources de la migration économique.

Les défis sanitaires et environnementaux sont nombreux: érosion des sols, déboisement, pollution de l’eau et utilisation du cyanure et des explosifs exposent les travailleurs et les animaux à des maladies graves et à la mort. De nombreux orpailleurs ont perdu la vie à la suite de l’effondrement des puits et de l’exposition aux produits chimiques. Des milliers de migrants nigeriens et d’autres nationalités se sont installés aux alentours des sites avec l’espoir de gagner un peu d’argent pour améliorer leur quotidien ou de continuer leur projet migratoire vers les pays du Maghreb, voire au delà. Malheureusement, pour la plupart, la recherche d’opportunités économiques tourne au drame et à l’exploitation par des patrons cupides et des criminels de tout acabit.

Toutes ces thématiques ont été abondamment et scientifiquement développées par des panelistes très qualifiés. Il s’agit du Pr Aly TANDIAN, Enseignant Chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB) et Président de l’observatoire sénégalais des migrations (OSM), de Dr Ibrahim DIORI, Spécialiste en DIDH et du Commissaire de Police, Mamane Lawali Idrissa de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCTRIS).

Parmi les participants, il y avaient de nombreux migrants et des femmes.

En termes de perspectives, AEC envisage de lancer une campagne publique de sensibilisation sur les dangers de l’orpaillage artisanal.

Aïr-Info Agadez

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