Opinion : Situation sécuritaire au Sahel : Nouveau conclave du G5+1 à Niamey

La capitale nigérienne accueille depuis ce matin, 6 février 2018, une réunion au sommet du G5 Sahel. Comme lors des précédentes réunions, le principal sujet à l’ordre du jour portait sur l’opérationnalisation de la force conjointe de lutte contre le terrorisme. Aujourd’hui encore et comme toujours, tout tourne autour de la question cruciale de financement de cette fameuse force de quelques 8 000 hommes, qui devrait permettre aux pays de la région de reprendre en main leur sécurité.
Dès l’ouverture de la réunion, le Président sortant du G5 Sahel a donné le ton : « seuls 294 millions d’euros ont été mobilisés sur les 450 qu’attendent les pays membres », rapporte RFI.

Les efforts diplomatiques déployés par la France, parrain du G5 Sahel, n’ont pas encore permis de boucler le budget de cette force appelée certainement à prendre le relais de l’opération Barkhane et à servir de bras armé dans le cadre de la lutte contre la migration. Le coût de la force conjointe du G5 Sahel correspond à plus de 2 fois le budget annuel du ministère de la défense nationale de la République du Niger.
S’il est vrai que l’argent reste toujours le nerf de la guerre, on peut s’interroger sur le rationnel de ce coût financier pour une force conjointe dont les effectifs ne dépassent guère les 8000 hommes. Cette question, même si très peu de personnes la posent pour l’instant, surgira tôt ou tard; surtout dans le contexte actuel de récession économique où les États sahéliens peinent à assurer les fins de mois de leurs fonctionnaires. En tout cas, une chose est sûre : à force de continuer à faire croire à leurs citoyens que la victoire contre les groupes terroristes est d’abord une question d’argent à mobiliser, les dirigeants sahéliens et leur parrain français risquent de conduire les États dans une sorte d’impasse.
A ce propos, il n’est pas superflu de rappeler que des pays comme le Tchad et le Niger ont déjà dépensé beaucoup d’argent au cours de ces dernières années pour des résultats plutôt mitigés en matière de lutte contre le terrorisme. Les groupes terroristes, même s’ils ont été militairement affaiblis, continuent de constituer une menace sérieuse; en même temps que le contexte socioéconomique et politique reste globalement favorable à la tentation extrémiste au sein de la jeunesse.
La persistance de l’insécurité armée, malgré les importants efforts financiers consentis par les États, devrait amener les dirigeants sahéliens à se remettre en cause; surtout à se demander s’il est possible d’éteindre ce grand brasier sahélien, en laissant prospérer les injustices quotidiennes, la corruption et les violations des droits humains qui l’alimentent.

Moussa Tchangari

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