Migration : les femmes subissent une double peine sur la route

On en parle peu, mais le calvaire des femmes est pire sur la route de la migration. En dehors de la dangerosité de la migration irrégulière, elles constituent le maillon faible et subissent par la même occasion des pires violations déshonorables.

Généralement, ces femmes originaires de l’Afrique subsaharienne fuient la faim ou encore la guerre à la quête de meilleures conditions de vie.
Sur le chemin du désert surtout en Libye ou en Algérie, elles subissent des viols et autres formes d’agression. C’est le cas de cette ivoirienne Binta Toure âgée de 34 ans que nous avons rencontré dans un camp de transit au Niger. « J’étais arrivée en Libye complètement dépouillée de tout ce que j’avais sur moi. Il fallait préparer le voyage sur l’Italie. Même pour manger, j’étais obligée de me livrer au responsable du ghetto. Je n’avais pas d’autre option. Il s’en sert et me force aussi à coucher avec d’autres hommes contre de l’argent, » a-t-elle témoigné les yeux larmoyants.»
Binta a dû fuir le ghetto et abandonné son rêve pour revenir au Niger. Comme elle, beaucoup d’autres femmes ont subi des humiliations et sont aujourd’hui traumatisées. « Les médecins me font un traitement en ce moment et m’aident à surpasser ces atroces situations subies en Libye, » raconte Joelle Matip, cette jeune camerounaise.
En dehors des cas de viol ou de prostitution forcée, ces femmes sont battues et torturées dans les ghettos.
Certaines femmes s’en sortent avec des grossesses non désirées sans atteindre leur pays de destination.
Celles qui réussissent à passer la Libye éprouvent d’énormes difficultés en mer. En 2017 lors d’un naufrage sauvé in extremis par le navire humanitaire Aquarius, sur 22 corps noyés et récupérés par l’équipage, 21 étaient des femmes.

 

Amina Diallo

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