Pollution : des anciens salariés d’Orano(ex-Areva) portent plainte contre l’Etat du Niger

« 30 plaignants nigériens, pour la grande majorité anciens salariés des sociétés COMINAK et SOMAIR, filiales du groupe ORANO (ex-AREVA), touchés par l’exploitation des mines d’uranium dans les villes d’Arlit et d’Akokan » ont décidés à travers Me Elise LE GALL, avocate au Barreau de Paris, de porter plainte contre l’État du Niger « à la Cour de Justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en raison des atteintes commises par la République du Niger aux droits à un environnement sain, à un niveau de vie suffisant, à la santé et au droit des peuples à disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. »

C’est ce que souligne en substance un communiqué de presse en date de ce mardi 18 février 2019, dont l’Événement a eu l’exclusivité.

A travers ce communiqué (ci-joint), les plaignants « se disent aujourd’hui atteints de diverses pathologies qu’ils estiment liées à l’exposition aux rayons ionisants et à la pollution environnante. La plupart souffrent d’affections respiratoires, de cancers, de paralysies, ou encore de malformations. Tous font le récit d’anciens salariés décédés des suites de ces maladies.

En dépit de son obligation positive de contrôle des sociétés extractives exploitant les ressources en uranium sur son territoire, la République du Niger a failli à ses engagements internationaux en s’abstenant de mettre en place un suivi effectif de l’impact des activités minières tant sur les salariés des sociétés extractives situées à Arlit et Akokan que sur la population environnante vivant dans ces cités minières.

Préférant se rallier aux rares études et analyses menées directement par les sociétés extractives, avec lesquelles les différents rapports scientifiques menés par la CRIIRAD et les ONG tant nationales qu’internationales rentrent en dissonance, la République du Niger a manqué à son devoir de contrôle et de vigilance en laissant ainsi à la seule discrétion des sociétés extractives le sort des populations. » Par conséquent souligne Me LE GALL, « Par conséquent, par cette carence, la République du Niger viole de nombreux textes internationaux tels que le Pacte International relatif aux droits civils et politiques ainsi que la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples qui mettent pourtant à la charge des États des obligations positives d’assurer la jouissance effective des droits à l’environnement, à la santé et à un niveau de vie suffisant par un contrôle effectif des activités minières menées sur leur territoire.

C’est la démission totale des cadres de l’administration nigérienne dans le suivi des impacts environnementaux issus de l’exploitation des mines d’uranium à Arlit et Akokan qui amène aujourd’hui les 30 plaignants nigériens à déposer cette plainte afin que leurs demandes soient entendues pour que des études scientifiques et épidémiologiques sérieuses, indépendantes et transparentes puissent être menées dans le respect de leurs droits, que les pathologies liées aux activités minières puissent réellement être prises en charge et que les sites exploités puissent être effectivement décontaminés. »

Après l’épisode de Serge Venel, ancien travailleur de la COMINAK une filiale d’AREVA, durant la période de 1978 à 1985, et autres écrits dénonçant les pratiques de AREVA au Niger (https://www.bastamag.net/Comment-Areva-laisse-mourir-ses),cette plainte risque de faire mouche au regard du sérieux du dossier qui selon nos informations aurait été ficelé des mois durant par des investigateurs aguerris pour ne pas laisser des failles. Les plaignants peuvent aussi se frotter les mains, d’autant plus que leur conseil est une avocate chevronnée qui travaille déjà avec la cellule Nobert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest(CENOZO). Ce dossier tombe également au mauvais moment pour l’État du Niger qui a décidé avec son partenaire ORANO du mécanisme de fermeture de sa filiale COMINAK courant de l’année 2021

  1. Moussa Aksar

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