Interview : « Le Salon International de Solidarité au Sahel est une forme de soft power pour l’Etat qui démontre une fois de plus la résilience du Niger et de son peuple », Déclare Alkassoum Abdourahamane, Promoteur dudit Salon.

Alkassoum Abdourahamane, promoteur du SI2S
Alkassoum Abdourahamane, promoteur du SI2S

Le Promoteur et secrétaire permanent du Salon International de Solidarité au Sahel (SISS ou SI2S), M. Alkassoum Abdourahamane, a accordé une interview à Aïr Info. Dans cette interview, en passant par les objectifs visés, Alkassoum Abdourahamane fait le point de l’organisation du salon, qui aura lieu à Niamey en février 2023, tout en appelant les acteurs du développement à s’en approprier. Pour lui, « le Salon International de Solidarité au Sahel est une forme de soft power pour l’Etat qui démontre une fois de plus la résilience du Niger et de son peuple ».

 

Aïr Info (AI) : Pourquoi le Salon International de Solidarité au Sahel ?

Alkassoum Abdourahamane (A.A) : Au départ c’était une idée purement subjective, basée sur des simples observations de travailleurs humanitaires que nous sommes.  Une sorte de brainstorming et de comparaison entre les différents théâtres des opérations que nous avions visités au cours de nos carrières à l’échelle de plusieurs continents. Interventions d’urgence et de développement avec plusieurs structures.

Pour certains d’entre-nous, comme moi, qui avions connu le contexte sahélien et suivi sa volatilité depuis une vingtaine d’années, c’était un exercice normal et presque quotidien.

En 2020, précisément en février, nous avons décidé de formaliser nos réflexions sous le parapluie de « HUMANITARIAN AND DEVELOPPEMENT ACTIONS ADVISERS (HD2A) », un cabinet de droit nigérien qui existait depuis 2017.

Du coup, une enquête qualitative intitulée : « Les acteurs humanitaires et les défis du contexte sahélien » a été lancée pour identifier les différents défis auxquels font face les acteurs de Solidarité internationale au Sahel.  À partir de cet instant, quelque chose commence à prendre forme.

AI :  Qu’est-ce qui était sorti de cette enquête alors ?

A.A : Cette enquête a d’abord touché plus de 150 mille personnes, dont plus de 10 mille avaient réagi sous diverses formes. Pour faire court, elle nous a permis d’identifier une multitude de défis entre autres :

  1. Les défis liés à l’accès humanitaire ;
  2. Les défis liés à la collaboration avec les services étatiques ;
  3. Les défis liés à l’acceptance et à la sécurisation des travailleurs humanitaires ;
  4. Les défis liés à la mobilisation des fonds : Le sahel sombre dans les crise multiformes (sécuritaire, politique, écologique etc.) et la mobilisation de l’aide baisse d’année en année ;
  5. Les défis liés à la qualité et la qualification de la main d’œuvre locale ;
  6. Etc

À tous ces défis non exhaustifs s’ajoute un autre, qui est d’ailleurs plus grand que ceux cités. Il s’agit de celui de la définition des stratégies pour le sahel.  Aujourd’hui, il en existe au moins 15. On peut dire que de 2011 à aujourd’hui, aucune stratégie n’a réussi à survivre 12 mois.  D’où pourquoi Seidik Abba, dans son livre « Mali-Sahel, notre Afghanistan à nous ? », il parle du « NAUFRAGE DE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AU SAHEL ».  Il s’agit vraiment d’un naufrage.

AI : Que faire alors de tous ces défis identifiés ?

A.A : Dans un premier temps, il faut dire que, pour nous, quelque chose doit être fait. Et comment le faire et sous quelle forme ? D’où l’idée d’un salon qui s’est inspiré d’un évènement en Europe qui s’appelle « CITÉ INTERNATIONALE DE SOLIDARITÉ ».

Nous lui avions donné le nom de « SALON INTERNATIONAL DE SOLIDARITÉ AU SAHEL ».

Mais un autre défi s’est posé. Celui du choix de la zone géographique.  En effet, le Sahel ne se limite pas à la zone G5-SAHEL ou le sahel central, mieux vous avez les nord-ouest et nord-est du Nigeria qui sont intimement liés au Sahel central à travers le Niger et aussi, plus loin, vous avez le grand nord du Cameroun.  Du coup nous avions considéré ces 7 pays : le Burkina, le Cameroun, le Mali, la Mauritanie, le Nigéria, le Nigéria et le Tchad.

De ce fait, les différents défis, nous les avions transformés en thématiques et aussi explosé certains pour identifier plusieurs thématiques dans un seul défi. Mieux, les thématiques sont transformées en problématiques pour réellement essayer d’apporter des réponses.

En ce sens, le but principal est de faire une rétrospective de l’action humanitaire au Sahel et pourquoi pas lui donner un cadre et une feuille de route sur la base de partage d’expériences issues de 3 jours que dureront les assises de Niamey.

AI : Quels autres objectifs vise le salon ?

A.A :  L’un des objectifs les plus ambitieux est la création d’un centre de formation et de recherches sur l’action humanitaire au Sahel : le « COLLEGE OF HUMANITARIAN AFFAIRES ». Je vais inviter vos lecteurs à aller surtout sur notre site web : https://sahelsolidarite.org/. Un site complet accessible et mis à la disposition de toute la communauté humanitaire du sahel. Ils y trouveront toutes les informations nécessaires.

AI : Trois mois avant l’événement, vous en êtes où en termes d’organisation de soutiens et d’annonces ?

A.A : Le plus grand succès à ce stade, c’est le fait que l’Etat du Niger, à travers le ministère de l’action humanitaire et de la Gestion des catastrophes, ait accepté de porter l’événement.  Mieux aussi, il a mis à la disposition du comité d’organisation des cadres compétents.

Un important soutien de l’ambassadeur de Nations Unies et coordinatrice humanitaire pays au Niger qui suit de très près nos activités et les préparatifs.

Des conventions avec certains centres de recherches sur le sahel et centres de formations en Afrique, en Europe et aux États-Unis.

AI : Un appel ou un plaidoyer ?

A.A : L’appel. D’abord, c’est à l’endroit de la communauté humanitaire pays qui doit bouger et s’approprier l’événement et intégrer le comité scientifique.

À l’endroit des institutions et les organisations internationales régionales et sous-régionales à se procurer ce cadre qui est aussi le leur.  En ce sens que c’est aussi un forum de redevabilité.

Enfin à l’Etat du Niger. Le salon International de Solidarité au Sahel est une forme de soft power pour l’Etat qui démontre une fois de plus la résilience du Niger et de son peuple. Autant le Niger est le meilleur exemple de la démocratie dans la sous-région, il est aussi le meilleur exemple en termes de résilience sécuritaire.

Au même titre que le forum de la paix et de sécurité au Sénégal qui était une initiative privée de Cheikh Tidiane Gadio, que l’Etat du Sénégal s’est approprié et on en connaît tous le résultat aujourd’hui. Le président de la république, Bazoum Mohamed, peut aussi, à son tour, apporter tout le soutien nécessaire et faire de SI2S le meilleur des rencontres des acteurs humanitaires sahéliens et mondiaux au Niger. Ainsi la ville de Niamey sera baptisée la capitale de l’action humanitaire au Sahel.

 

Aïr Info

A propos de Ahmadou Atafa 464 Articles
Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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