Uranium : Le président Bazoum exige du géant Orano un partenariat  » gagnant-gagnant « 

En début du mois de février 2023, le site Africa Intelligence annonçait que le projet d’uranium d’Imouraren ne démarrera pas en 2023. Et pour cause ! Pour en diminuer les coûts d’exploitation, le groupe français Orano étudiait disait le journal  » l’opportunité de recourir à des techniques d’extraction controversées, utilisées au Kazakhstan, et reste flou sur ses intentions ».

Et dans son édition de ce jour 23 février 2023, le même média présage  » des difficiles négociations entre l’État du Niger et le géant français Orano, ex-Areva ».

Pour ceux qui suivent ces rounds de négociations entre le Niger et Orano, il est clair que la position du président nigérien ne souffre d’aucune ambiguïté.
En effet, déjà en recevant à Niamey le 7 novembre 2021, le président du Conseil d’Administration de la société française Orano, M. Imauven Claude, le président Bazoum Mohamed lui a parlé des enjeux que ce partenariat constitue pour l’économie nigérienne, donc forcément les efforts attendus d’Orano au profit du Niger. Et selon certaines indiscrétions, des clauses du contrat signé entre le Niger et Orano sur le gisement d’Imouraren n’étaient pas du goût de la partie nigérienne et surtout de son président Mohamed Bazoum.

– Imouraren, la pomme de discorde entre le président Tandja Mamadou et Areva

Faut-il le rappeler ! Afin d’obtenir l’agrément du Niger, plus précisément de son intransigeant président M. Tandja Mamadou, le français Areva a consenti des dures concessions. Parmi lesquelles, celle d’accepter une hausse de 50% du prix d’achat de l’uranium provenant de la Cominak et de la Somaïr. Le groupe nucléaire français Areva avait également signé un accord de partage des richesses issues de l’exploitation d’Imouraren. il était prévu par exemple qu’ Areva allait détenir 66,65% de la société contre 33,35% pour l’Etat nigérien.
Et toujours pour plaire au président Tandja Mamadou, Areva avait consenti d’investir 1,2 milliard d’euros dans le développement du Niger. Ce qui aurait pu permettre à long terme la création de 4 000 à 5 000 emplois directs et indirects dans le pays. Dans la même lancée, Areva allait dépenser six (6) millions d’euros sur cinq (5) ans dans le développement de la santé, l’éducation et la formation, l’accès à l’eau, l’électricité et le transport au bénéfice de la région d’Agadez en particulier et du Niger en général.
C’est fort de tous ces acquis au profit de son peuple que le président du Niger feu Mamadou Tandja avait enfin accepté de signer le lundi 4 mai 2009 avec la patronne du groupe nucléaire français Anne Lauvergeon le coup d’envoi des travaux de la mine géante d’uranium d’Imouraren. Une exploitation qui devrait permettre au Niger de devenir le second producteur mondial d’uranium.

– Le coup d’État de 2010 de Salou Djibo poignarde l’embellie obtenue par le président Tandja Mamadou

Des acquis qui vont se fondre comme beurre au soleil après le coup d’État du 18 février 2010 conduit par le commandant Salou Djibo.
Le tombeur du président Tandja Mamadou, devenu Président du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie, Chef de l’Etat, et Général de Corps d’Armée Djibo Salou va alors recevoir la présidente du groupe Areva, Mme Anne Lauvergeon le 30 septembre 2010 pour disait-on  » étudier des pistes nouvelles d’un partenariat plus bénéfique pour le Niger ».

La suite ? Tout le monde la connait. Areva a repoussé l’exploitation de la mine d’Imouraren après un dédommagement de 35 millions d’euros versés aux budgets du Niger en 2013, 2014, et 2015. Areva niera les faits présentés comme une corruption avant de se raviser.
Les autorités du Niger de l’époque avec à leur tête M. Issoufou Mahamadou ont expliqué que ces sommes constituaient un « dédommagement » du fait du retard pris par Areva pour l’ouverture de la mine d’uranium en projet à Imouraren.

– Mohamed Bazoum ira-t-il jusqu’au bout ?

Il est perceptible que désormais le président Bazoum a compris qu’il est grand temps pour lui de se bomber la poitrine et exiger que soit valorisé le prix de sa denrée énergétique qu’est l’uranium. Il ne veut plus entendre le sempiternel prétexte de la chute du prix de l’uranium consécutif au drame du 11 mars 2011 quand un séisme puis un tsunami ont ravagé les côtes du Japon et provoqué l’explosion de la centrale nucléaire Fukushima.
Oui ! Bazoum ne veut plus entendre cette litanie qui déprécie son uranium lors de longues séances de travail avec Orano alors qu’un fort lobbying de la même société le vend à prix fort sur le marché mondial.

Pour prospérer l’économie de son pays, Mohamed Bazoum va t-il tout remettre à table comme l’a fait en son temps le défunt président Tandja Mamadou ? Va-t-il mettre fin à ce contrat que d’aucuns jugent léonin ?
Les prochains jours nous le diront.

Ibrahim Manzo DIALLO

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