Niger – Tillabéri : des écoles fermées pour insécurité rouvrent leurs portes

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Cette année, 122 écoles et centres de formation (CFM), fermés pour cause d’insécurité, vont rouvrir, sans aucune condition militaire, dans la région de Tillabéri, selon la direction régionale de l’éducation nationale (DREN). 

Trois mois après la rentrée scolaire, les autorités nigériennes s’activent à rouvrir plusieurs écoles fermées dans la région de Tillabéri pour cause d’insécurité. 122 vont rouvrir d’ici au 15 décembre. Ces écoles, dont certaines ont fait 3 à 4 ans de fermeture s’ajoutent donc aux 37 autres en cours de réouverture depuis la rentrée scolaire 2023-2024, dont 13 sont déjà rouvertes. Ce qui a permis à quelques 2580 élèves dont 1 319 filles de reprendre le chemin de l’école.

77 771 élèves privés de l’éducation 

À la date du 3O novembre 2023, la région de Tillabéri compte au total 912 écoles et centres fermés, privant ainsi 77 771 élèves ou apprenants, dont 38 154 filles, de leur droit à l’éducation, selon un rapport de la DREN. Une situation directement liée à l’insécurité que vit la région depuis plusieurs années. En effet, face aux incursions des groupes armés non étatiques (GANEs) engendrant, entre autres, des morts, des déplacés et la destruction des biens, les écoles ont été contraintes de fermer, d’autant plus qu’elles sont le plus souvent ciblées par les actions de ces groupes armés.

Selon le rapport de la DREN, au niveau primaire, 878 écoles accueillant 74 221 élèves, dont 36 381 filles, sont fermées, tandis qu’au secondaire, 30 établissements fermés, totalisant 3 031 élèves, dont 1 469 filles, ont été comptabilisés. Pour ce qui est de l’enseignement professionnel, 4 centres de formation aux métiers (CFM) pour 519 apprenants, dont 304 filles, ont été fermés dans la région, a révélé la même source.

Stratégie de réouverture 

Dans le souci de contenir la situation, un forum sur « la continuité des activités pédagogiques dans la région de Tillabéri » a été organisé le 23 novembre 2023 au gouvernorat de Tillabéri. Ledit forum a réuni les principaux acteurs concernés par la question de l’éducation. Plusieurs thèmes ont été abordés à cet effet, dont les orientations du ministère de l’éducation nationale en matière de gestion des urgences, mais aussi le maillage sécuritaire pour assurer la continuité des activités pédagogiques dans la région.

Cérémonie d’ouverture du forum. 23 novembre 2023 – ©️DREN Tillabéri

À l’issue de ce forum, les participants ont regroupé les écoles par stratégie de réouverture, selon laquelle certaines nécessitent des positions militaires et d’autres non. Selon cette stratégie, 122 écoles avec 10 259 élèves, dont 4 808 filles, peuvent être rouvertes sans position militaire. 31 écoles totalisant 1 516 élèves, dont 676 filles, peuvent, quant à elles, être rouvertes avec une patrouille départementale. Selon cette même stratégie, la réouverture de 785 autres écoles accueillant 59 948 élèves, dont 36 282 filles, est conditionnée par une position militaire permanente. C’est à la suite de ces propositions que les autorités ont donné l’autorisation de rouvrir les écoles qui ne nécessitent pas une position militaire au plus tard le 12 décembre 2023.

Liste de 122 écoles à rouvrir sans position militaire dans les différents départements. /Capture d’écran de la lettre de la DREN au gouverneur de Tillabéri. ©️ Aïr-Info

Braver le défi de l’insuffisance d’enseignants 

Le directeur régional de l’éducation nationale de Tillaberi, Arima Chegou, fort du soutien des nouvelles autorités, a eu le feu vert de rouvrir les 122 écoles, reparties dans huit (8) départements, qui ne nécessitent pas de position militaire. Reconnaissant qu’il y a certes une insuffisance d’enseignants, Arima Chegou promet de mettre un ou deux enseignants à la disposition de chaque école pour pouvoir fonctionner. « Et, comme ce sont des écoles qui ont fait 3 à 4 ans fermées, ces enseignants vont nous dire qu’est-ce qu’il faut faire pour que nous puissions créer les conditions à partir du 15 décembre jusqu’à la fin du mois pour essayer de disponibiliser fournitures et enseignants de manière à ce que la première semaine du mois de janvier, les cours reprennent », a-t-il confié à Aïr Info. Après cela, « la communauté va voir dans quelle mesure elle va amener les enfants [à l’école] », ajoute le directeur régional de l’éducation nationale de Tillabéri récemment nommé.

Avant sa nomination en tant que DREN à Tillabéri, Arima Chegou était le point focal urgence au ministère de l’éducation depuis plusieurs années. Il a été un acteur clé dans le processus ayant abouti à la prise de la décision de réouverture en cours de ces écoles à Tillabéri.

La fermeture des écoles est l’une des conséquences directes de l’insécurité que vit cette région de l’ouest du pays, dont le chef-lieu est situé à quelques 117 km au nord-ouest de la capitale Niamey. Avec cette volonté des autorités de rouvrir ces écoles, l’espoir est permis pour les populations de ces milieux de retrouver la vie normale dans leurs zones. Cette réouverture des écoles favoriserait aussi le retour de déplacés.

Ibrahim Manzo Diallo 

Aïr-Info

A propos de Ahmadou Atafa 463 Articles
Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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