Le Barreau du Niger dénonce les violations des droits fondamentaux et appelle au respect de l’état de droit

Dans un point de presse tenu le 17 février, le Barreau du Niger a dénoncé des « graves manquements au respect de la légalité et des libertés publiques » observés, selon lui, depuis quelques temps. Le Bâtonnier de l’Ordre, Maître Oumarou Sanda KADRI, a, au nom de l’ordre des avocats, appelé à la préservation de l’état de droit, particulièrement la protection des droits et libertés fondamentaux des citoyens.

Le Barreau dit avoir constaté « avec une vive inquiétude » la convocation des citoyens « dans les locaux de la Commission de Lutte contre la Délinquance Économique, Financière et Fiscale (CoLDEEF) où ils subissent des interrogatoires hors la présence de leurs avocats qu’ils ont pourtant régulièrement constitués ». Ce qui, selon lui, constitue « une grave violation de leurs droits notamment le droit à la défense ».

À cet égard, Maître Oumarou Sanda KADRI de souligner que « le respect strict des droits de la défense est une des règles fondamentales de la Justice. Sa traduction concrète consiste dans le droit pour chaque citoyen, présumé en conflit avec la loi, de bénéficier de l’assistance d’un défenseur ».

« Aussi importantes que puissent paraitre les missions de la CoLDEEF et de la DGSE dans ce contexte particulier, elles perdraient toute légitimité lorsqu’elles ne respectent pas la légalité et les acquis fondamentaux d’un état de droit, seuls gages de la confiance en l’État », commente le Bâtonnier de l’Ordre.

Lors de cette sortie médiatique, l’Ordre des avocats a ainsi rappelé l’importance fondamentale du respect strict des droits de la défense, consacrés à la fois par les textes nationaux et internationaux. En outre, il a déploré le manque de réponses concrètes malgré les alertes, selon lui, adressées au Procureur Général et au Ministre de la Justice et des droits de l’Homme.

Face à cette situation, le Barreau du Niger a décidé de prendre position fermement en appelant les plus Hautes Autorités compétentes « à faire respecter la loi, par tous, sans distinction ». En citant Nelson Mandela, le Bâtonnier a rappelé que « priver les gens de leurs droits fondamentaux revient à contester leur humanité ».

Toutefois, le Barreau s’est réjoui de constater que le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie – organe militaire au pouvoir – a réaffirmé son attachement aux principes de l’État de droit et de la démocratie dans l’Ordonnance n°2023-02 du 28 juillet 2023, portant organisation des pouvoirs publics pendant la période de transition.

Cette sortie réaffirme l’engagement du Barreau du Niger à jouer pleinement son rôle en tant qu’acteur majeur du service public de la Justice, notamment dans la défense des droits et libertés des citoyens et, ainsi, à veiller sur le respect de l’état de droit dans le pays.

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Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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