La CEDEAO s’inquiète des implications du retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger

Lors de son sommet extraordinaire tenu samedi dernier à Abuja, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé ses vives préoccupations concernant le retrait annoncé de trois de ses États membres, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Pour l’organisation régionale, cette décision, aux implications multiples, risque de bouleverser l’équilibre politique, socioéconomique, financier et institutionnel dans la région.

Implications politiques et sécuritaires

L’institution communautaire craint que le retrait de ces pays n’affecte gravement la coopération en matière de sécurité, les échanges de renseignements et la participation aux initiatives régionales de lutte contre le terrorisme. Elle a mentionné des initiatives telles que l’initiative d’Accra et les activités de la Force multinationale mixte, jugées essentielles pour la stabilité de la région.

De plus, la CEDEAO estime que cette décision risque d’entraîner un isolement diplomatique et politique sur la scène internationale, où les pays avaient obtenu un soutien pour leurs candidats et leur candidature durant les compétitions à des postes internationaux au sein de l’Union africaine, des Nations unies et d’autres organismes similaires. Ce qui pourrait éventuellement les priver de ce privilège.

Implications socioéconomiques

Les conséquences socioéconomiques du retrait des pays de l’AES sont également préoccupantes pour la CEDEAO. En effet, selon l’institution, les citoyens des trois pays concernés pourraient être confrontés à des défis en matière d’immigration, de résidence et de création d’entreprises dans la région. La suppression des avantages tels que l’utilisation des documents de voyage de la CEDEAO et d’autres services régionaux risque de causer une rupture dans la facilitation des échanges entre les pays membres, souligne l’organisation ouest-africaine.

De plus, pour les chefs d’État, ce retrait aura un impact significatif sur le marché de la CEDEAO, en réduisant sa taille et perturbant le commerce intracommunautaire. L’organisation régionale s’inquiète également du fait que ses projets et programmes dans ces pays, d’une valeur de plus de 500 millions de dollars américains, risquent d’être suspendus ou arrêtés, entraînant des pertes financières et économiques importantes.

Implications au niveau institutionnel

Au niveau institutionnel, les dirigeants ouest-africains estiment que le retrait de trois pays nécessitera la fermeture de plusieurs agences régionales et bureaux, ainsi que la mise en danger de l’emploi de nombreux membres du personnel de la CEDEAO originaires de ces pays. Environ 130 membres du personnel, dont 77 du Burkina Faso, 23 du Mali et 32 du Niger, risquent d’être touchés par cette décision, a-t-on relevé.

En substance, pour l’institution communautaire, le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger aura des répercussions profondes et étendues sur elle et ses États membres. D’où la nécessité de mutualiser les efforts, selon l’organisation qui exhorte les pays de l’AES à reconsidérer leur décision, afin de trouver ensemble des solutions durables pour maintenir la stabilité et la prospérité dans la région.

A propos de Ahmadou Atafa 399 Articles
Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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