Le Bénin bloque l’exportation du pétrole nigérien à Sèmè-Podji

Les autorités béninoises ont décidé de bloquer, lundi 6 mai 2024, l’embarquement du pétrole nigérien à la station terminale du pipeline Bénin-Niger, située à Sèmè-Podji.

Cette décision, prise au plus haut niveau par l’État béninois, selon RFI, a été communiquée à l’ambassadeur de Chine au Bénin ainsi qu’à la société de gestion du pipeline, China National Petroleum Corporation (CNPC). Selon des sources rapportées par RFI, le Bénin envisage même d’interdire l’accès de ses eaux aux navires destinés à l’embarquement du pétrole nigérien.

Le pipeline long de près de 2000 kilomètres devait initialement transporter jusqu’à 90 000 barils de pétrole par jour depuis Agadem, au Niger, jusqu’à Sèmè-Podji. Cette nouvelle mesure intervient dans un climat de tension exacerbée entre les deux pays depuis le coup d’État survenu le 26 juillet 2023 au Niger, qui a renversé le président Mohamed Bazoum.

Les autorités béninoises avaient initialement plaidé en faveur du rétablissement de l’ordre constitutionnel à Niamey, même en recourant à une intervention militaire de la CEDEAO. Toutefois, après une période de tensions, le président béninois Patrice Talon a opté pour une approche conciliante, tendant la main aux nouvelles autorités nigériennes en vue d’une normalisation des relations entre les deux pays.

Malgré l’ouverture des frontières côté béninois après la levée des sanctions par la CEDEAO, la frontière nigérienne reste fermée jusqu’à présent. Cette nouvelle décision des autorités béninoises de bloquer l’embarquement du pétrole nigérien à Sèmè-Podji semble être une réponse directe à cette situation, signe que le bras de fer diplomatique entre les deux nations est loin de trouver une résolution.

Par ailleurs, elle pourrait constituer une violation flagrante des dispositions de l’Accord Bilatéral entre les deux pays concernant la construction et l’exploitation d’un système de transport des hydrocarbures par pipeline. En effet, l’article 3 du chapitre 3 dudit Accord énonce clairement que le Bénin reconnaît et accorde au Niger le droit de transit sur son territoire des hydrocarbures produits au Niger et transportés à travers le système de transport. De plus, l’alinéa 3 de ce même chapitre souligne l’engagement du Bénin à faciliter ce transit, interdisant toute mesure unilatérale visant à restreindre ou entraver le passage des hydrocarbures nigériens sans l’accord préalable du Niger.

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Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

2 Comments

  1. Merci Président Talon d’avoir enfin entendu le cri de coeurs des démocrates sincères nigériens !!! Les putschistes populistes menteurs prétextant la présence de l’armée française au Bénin refuse d’ouvrir la frontière pour affamer le peuple nigérien qui prend actuellement le sac de riz à 18 mille francs contre 10 mille si le riz venait de Cotonou !!! Honte aux idiots de labousannistes et autres soutiens des putschistes populistes menteurs de l’alliance des ennemis du Sahel AES !!!

  2. Bois de l’eau mon frère le Niger vous à échapper à jamais
    Vive le Niger vive l’AES
    Vous allez lire l’heure les bazoumiste
    Même si il faut acheter le sac du riz à 30.000 f ,le peuple conscient nigérien est d’accord .
    La frontière ne sera jamais ouvert,tan que nos ennemis français, resteront au Bénin

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