Espace de dialogue multi-acteurs : Imaginer Agadez en 2036

La salle de conférences du Sultanat de l’Air a accueilli, le vendredi 21 août 2026, un espace de dialogue multi-acteurs sur l’évaluation de l’Agenda 2063 et la présentation d’un rapport semestriel – janvier à juin 2026 – de monitoring de la situation des droits humains.

« Agadez que nous voulons à l’horizon 2026 : Passer des discours aux actes » est le sous-thème au menu de la rencontre. Il découle d’un recentrage du thème central : « Le Niger que nous voulons à l’horizon 2036. Passer des discours aux actes ».

L’espace de dialogue a été marqué par quatre (4) moments forts : une cérémonie d’ouverture, un panel sur l’évaluation de l’Agenda 2063, des échanges sur les priorités locales et la présentation du rapport semestriel de monitoring.

Lors de l’ouverture de l’espace de dialogue, le Directeur des Programmes d’Alternative Espaces Citoyens (AEC) a salué la présence, parmi les participants, des représentants des autorités locales.

Dans son discours, M. Tcherno Hamadou Boulama a expliqué les objectifs poursuivis à travers la tenue de cette activité citoyenne.

Selon lui, l’organisation de l’espace de dialogue vise un double objectif : dresser un état des lieux des avancées réalisées et des défis à relever pour concrétiser l’Agenda 2063 ; recueillir les avis des citoyens sur les priorités locales pour atteindre les aspirations 1, 3, 4 et 6 de la feuille de route continentale.

Il a ajouté que l’espace de dialogue multi-acteurs offre l’occasion de mener un exercice à la fois rétrospectif et prospectif.

Il a rappelé que l’Agenda 2063 a été adopté le 31 janvier 2015 par les chefs d’État et de gouvernement de l’UA, avec pour objectif ultime la Renaissance africaine.

« L’Agenda 2063 est le prolongement logique et naturel du NEPAD et des autres initiatives du genre, tels que le Plan d’action de Lagos, le Traité d’Abuja. Il est la manifestation concrète de la manière dont le continent entend réaliser cette vision sur une période de 50 ans, de 2013 à 2063. Il est décliné en 7 aspirations, 20 objectifs, 39 domaines prioritaires, 174 cibles et 257 indicateurs », a expliqué M. Tcherno.

Poursuivant son intervention, le Directeur des Programmes a affirmé que les obstacles à la réalisation de l’Agenda 2063 sont nombreux. Ils ont pour noms : instabilité, terrorisme, conflits armés, faim, déficits d’infrastructures, corruption des élites, dépendance vis-à-vis de l’aide internationale, etc.

Selon lui, le Niger a intégré les aspirations de l’Agenda 2063 dans ses politiques nationales de développement. Il a ajouté que le rapport national d’évaluation des progrès réalisé en 2021 indique un bilan de réalisation en deçà de 30 %. Plusieurs objectifs sont à des niveaux de réalisation très insuffisants, voire insignifiants.

Les panélistes ont été choisis en raison de leurs connaissances approfondies du sujet. Plus précisément, il s’agit de Dr Moussa Mahamadou dit Kalamou, enseignant-chercheur à l’Université d’Agadez, de Mahaman Mansour Salissou, représentant de la Direction régionale de l’Aménagement du territoire, et de M. Attaher AMOUMOUN, ancien leader du mouvement scolaire et militant panafricaniste.

Les questions ont tourné principalement autour des défis persistants qui entravent la réalisation du programme continental : manque d’appropriation, insuffisance de financement, pénurie de ressources humaines qualifiées, dégradation de la situation sécuritaire, insécurité alimentaire, changement climatique, etc.

Durant trois heures, ils ont livré le contenu de leurs réflexions.

Lors de cet exercice d’évaluation, à l’unanimité, les participants ont reconnu que l’appropriation et la domestication de l’Agenda 2063 sont des points faibles qui nécessitent des efforts de tous les acteurs clés.

En effet, la sensibilisation du public et son information sont essentielles pour progresser dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063.

Par ailleurs, ils ont estimé que le renforcement des droits humains, de la démocratie, de la gouvernance inclusive et des actions de développement durable est nécessaire pour prévenir les violences et les conflits qui rongent la plupart des pays africains, notamment ceux d’Afrique de l’Ouest.

En ce qui concerne la région d’Agadez, l’espace de dialogue a mis en lumière le paradoxe d’une région riche en ressources du sous-sol, mais dont les populations sont malheureusement pauvres.

Les orateurs ont partagé leurs opinions et expériences et proposé des pistes d’action pour accélérer la mise en œuvre de l’Agenda.

Les échanges entre les panélistes et les participants ont permis de conforter l’opinion selon laquelle plusieurs acteurs ne sont pas informés de l’existence de ce programme ambitieux.

Ils ont abordé plusieurs problématiques liées aux documents stratégiques et aux plans d’action visant à intégrer l’Agenda 2063 dans les plans de développement aux niveaux national et local.

Les participants ont appelé les décideurs, à tous les échelons, à passer des discours aux actes concrets.

« Nous avons assez de belles paroles. Ce que nous attendons, ce sont des actions immédiates pour construire l’Agadez que nous voulons dans 10 ans », a grogné un jeune, la mine serrée.

« Nous saluons l’initiative d’AEC d’organiser cette activité dans la commune urbaine d’Agadez. Mais ce n’est pas suffisant. Les organisateurs doivent songer à multiplier ces espaces de dialogue. Il faut aller dans les départements et communes pour permettre aux populations locales une plus grande appropriation et domestication de l’Agenda 2063 », a plaidé une participante.

Après la prière de Maghrib, les participants sont revenus dans la salle pour écouter la présentation des principaux constats du rapport de monitoring couvrant la période de janvier à juin 2026.

Durant environ un quart d’heure, Aishatou Salaou a relaté, chiffres et graphiques à l’appui, les incidents liés aux droits à la vie, à la sécurité, à la propriété et à la liberté de circulation.

Malheureusement, la menace du ciel n’a pas permis d’ouvrir des échanges autour du contenu de ce rapport de monitoring.

En l’espace de deux mois, cet espace de dialogue multi-acteurs est le troisième organisé par AEC. Un premier espace de dialogue a eu lieu le 27 juillet à Tillabéri et un deuxième s’est déroulé le 17 août à Tahoua.

L’organisation de ces espaces de dialogue s’inscrit dans le cadre d’un projet triennal visant à promouvoir et protéger les droits et libertés individuels et collectifs au Niger.

Aïr-Info Agadez

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