FARCUB 2026 : à Blanakour, la culture et l’artisanat au service de la cohésion et de la souveraineté

Du 4 au 6 septembre 2026, la petite localité de Blanakour, dans le département de N’Gourti, a vécu au rythme de la troisième édition du Festival de l’Artisanat et de la Culture de Blanakour (FARCUB). Pendant trois jours, cette zone sahélienne de la région de Diffa s’est transformée en un véritable carrefour culturel, réunissant autorités, populations, artisans, acteurs culturels et représentants de différentes communautés autour d’un même idéal : valoriser le patrimoine local et faire de la culture un facteur de rapprochement et de développement.

Placée sous le thème « Artisanat et culture, facteurs de souveraineté économique et de cohésion sociale », cette troisième édition a marqué une nouvelle étape dans l’affirmation du FARCUB comme rendez-vous culturel majeur de l’est nigérien.

Le point culminant des festivités a été l’arrivée, le samedi 5 septembre, du Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, venu officiellement lancer les activités du festival.

Accueilli par une importante mobilisation populaire, le premier ministre a transmis aux populations de Blanakour et de N’Gourti les salutations du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.

Dans son intervention, prononcée en haoussa, le Premier ministre a insisté sur la place de la culture et des savoir-faire locaux dans la construction d’un Niger souverain. Pour lui, la Refondation ne saurait être uniquement politique ou économique : elle doit également passer par la préservation de l’histoire, des traditions et des valeurs culturelles du pays.

Il a appelé les artisans, les femmes et les jeunes à transformer davantage les ressources et savoir-faire locaux en activités économiques génératrices de revenus et d’emplois.

À ses côtés figuraient notamment la ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Aghaichata Guichène Kari, le ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs sociales, Ali Ben Salah Hamouda, ainsi que le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane. Le gouverneur de Diffa, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, ainsi que les autorités administratives, coutumières et militaires de la région ont également pris part aux festivités.

Au-delà des discours officiels, le FARCUB a surtout été une grande vitrine des richesses culturelles et artisanales de la région.

Des stands ont permis aux artisans et producteurs d’exposer différents produits issus du savoir-faire local. Le Premier ministre, avant de quitter Blanakour le dimanche 6 septembre, a d’ailleurs pris le temps de visiter ces espaces d’exposition consacrés notamment aux produits artisanaux et halieutiques de la région de Diffa.

De stand en stand, il s’est entretenu avec les exposants, encourageant les artisans à poursuivre leurs efforts et à faire de leurs métiers de véritables activités économiques.

Une attention particulière a également été accordée à la transmission des savoir-faire et à la participation de la jeunesse. À travers les différentes expressions artistiques, les produits artisanaux et les traditions présentées au public, Blanakour a ainsi offert une image vivante de la diversité culturelle de cette partie du Niger.

Le festival n’a cependant pas été qu’un rendez-vous festif

Dans une région où plusieurs communautés partagent les mêmes espaces, les mêmes ressources et parfois les mêmes préoccupations, le FARCUB s’est également voulu un cadre de dialogue et de consolidation de la paix.

Un forum consacré à la paix, à la sécurité et à la gouvernance, autour de la question des ressources partagées comme fondement d’un développement durable au Niger et dans le Sahel central, a notamment réuni responsables gouvernementaux, acteurs de la paix, autorités coutumières et autres participants.

Les échanges ont permis de mettre en évidence l’importance du dialogue, de la gestion concertée des ressources et de la responsabilité collective dans la préservation de la paix et de la cohésion sociale.

L’une des particularités du FARCUB réside dans sa capacité à rassembler des populations issues de différents horizons.

Depuis ses précédentes éditions, le festival s’est progressivement imposé comme un espace de rencontre entre communautés partageant des réalités culturelles, économiques et sociales communes. La deuxième édition avait notamment enregistré la participation de populations venues des communes voisines de N’Gourti, mais aussi des régions de Zinder et d’Agadez, ainsi que des participants du Tchad et de la Libye.

Cette dimension transcommunautaire donne au FARCUB une portée particulière dans une zone où les échanges humains, commerciaux et culturels dépassent largement les limites administratives.

Parmi les initiatives ayant marqué cette édition figure également la présentation d’un espace consacré à la culture touarègue et aux savoir-faire traditionnels, présenté comme une véritable « maison de l’artisanat ».

Objets artisanaux, produits culturels, démonstrations et préparation traditionnelle du thé ont permis aux visiteurs de découvrir autrement les richesses du patrimoine saharien et nomade.

L’initiative a également mis en avant la participation des jeunes, notamment à travers leur implication dans l’animation et la transmission de certaines pratiques culturelles.

Pour les organisateurs, le FARCUB ne doit pas rester une simple manifestation culturelle périodique.

Le choix du thème de cette troisième édition traduit justement la volonté de franchir un nouveau cap : faire de la culture et de l’artisanat des secteurs capables de générer des revenus, de créer des emplois et de contribuer au développement local.

À Blanakour, les autorités ont ainsi défendu l’idée d’un artisanat davantage structuré, mieux valorisé et capable de conquérir de nouveaux marchés.

La ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Aghaichata Guichène Kari, a notamment rappelé que la souveraineté se construit aussi à travers le travail quotidien des artisans, des femmes entrepreneures, des jeunes et de tous ceux qui transforment les ressources locales.

Au terme de trois jours d’activités, le FARCUB 2026 aura donc permis à Blanakour de confirmer sa vocation de plateforme culturelle et économique.

Pour le gouverneur de Diffa, le festival doit continuer à grandir, à se structurer et à s’ouvrir davantage, afin de devenir un véritable rendez-vous national de promotion de la culture, de l’artisanat et du tourisme.

Après trois éditions, le pari semble désormais clair : faire de Blanakour non seulement un lieu de célébration des traditions, mais aussi un espace où culture, paix, économie locale et cohésion sociale se rencontrent.

Dans cette partie du Niger, longtemps éloignée des grands rendez-vous nationaux, le FARCUB apparaît ainsi comme une fenêtre ouverte sur un patrimoine riche, une jeunesse porteuse d’avenir et des communautés qui entendent faire de leurs différences une force de rapprochement.

Aïr-Info Agadez 

1 Comment

  1. In having ethnic groups as feasible for survival in world class modern living world to honor plus display culture it appear Niger is developing conditions fit for international tourism. Unfortunately with developments encouraged by artificial intelligence AI culture must at some point evolve or it may become its followers death trap.
    We are our brother’s keepers. Africa first people of books.
    Henry Author Price Jr aka Kankan
    PS Change of email address due to old communication device breakdown before I retrieved password. I blew it!!!!

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