Les autorités de régulation des médias et de la communication du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont officiellement créé, vendredi 18 septembre à Niamey, la Plateforme des Autorités de Régulation des Médias et de la Communication des États membres de la Confédération des États du Sahel (PAREMEC).

Cette nouvelle structure est née à l’issue d’une conférence constitutive de deux jours ayant réuni les présidents du Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso, de la Haute Autorité de la communication (HAC) du Mali et de l’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger.
Les trois responsables ont signé l’acte constitutif de la PAREMEC, consacrant la mise en place d’un cadre permanent de coopération et de coordination entre les régulateurs de l’espace AES.
Le président de la HAC du Mali, Gaoussou Coulibaly, a été désigné premier président de la PAREMEC. La présidence de l’organisation sera tournante, tandis que son Secrétariat exécutif permanent sera basé à Niamey.
Vers une régulation concertée de l’espace médiatique de l’AES
Placée sous le thème « Vers une gouvernance concertée de l’espace médiatique et numérique de l’AES : pour une souveraineté informationnelle renforcée », la conférence a permis aux trois institutions de définir les bases de leur coopération.
Les participants ont notamment échangé sur la lutte contre la désinformation, les discours de haine et la vérification des faits. La Charte et le Règlement intérieur de la PAREMEC ont également été adoptés lors de la première session extraordinaire de la nouvelle organisation.
La plateforme ambitionne de mutualiser les compétences et les ressources des trois institutions afin de favoriser une approche harmonisée de la régulation des médias et de la communication dans l’espace confédéral.
Sa création intervient également alors que l’AES développe des instruments communs de communication, parmi lesquels Radio Daandé Liptako, Télévision Tafouk et l’Agence confédérale de communication.
Face à la guerre informationnelle, renforcer les capacités des journalistes
La naissance de la PAREMEC_ AES intervient dans un contexte où la maîtrise de l’espace informationnel constitue un défi croissant pour les États du Sahel. La rapidité de circulation de l’information sur les plateformes numériques, la désinformation, les contenus manipulés et les nouvelles possibilités offertes par l’intelligence artificielle compliquent davantage le travail de vérification.
Face à cette situation, la coopération entre régulateurs devra aussi s’accompagner d’un renforcement des capacités des professionnels des médias.
La formation des journalistes au fact-checking, à l’investigation numérique, à l’authentification des images et vidéos et au recoupement systématique des sources apparaît comme un levier essentiel. L’objectif est de permettre aux rédactions de mieux faire le tri entre faits vérifiables, contenus manipulés et narratifs construits à des fins d’influence.
Pour les médias sahéliens, le défi consiste également à éviter que la réponse à la désinformation ne conduise à affaiblir les exigences fondamentales du métier : vérifier, recouper, contextualiser et confronter les sources avant toute publication.
Avec la PAREMEC, les régulateurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger disposent désormais d’un cadre institutionnel commun pour coordonner leurs actions et accompagner les transformations de l’espace médiatique de la Confédération.
Aïr-Info Agadez
Source : ONC



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