Le projet d’uranium Dasa, implanté dans la région d’Agadez, pourrait franchir une nouvelle étape dans son développement. La société minière canadienne Global Atomic a annoncé, mercredi 16 septembre 2026, que le conseil d’administration de l’agence fédérale américaine DFC (US International Development Finance Corporation) avait approuvé une facilité de dette pouvant atteindre 414,2 millions de dollars destinée au financement du projet.
Le décaissement des fonds n’est toutefois pas encore effectif. Selon les informations communiquées par la société, plusieurs conditions doivent encore être satisfaites, notamment en matière d’exportation et de permis, ainsi que la conclusion de certains accords avec le gouvernement nigérien.
Situé dans le bassin de Tim Mersoï, au nord du Niger, le projet Dasa se trouve au cœur d’une région historiquement liée à l’exploitation de l’uranium. Il est détenu à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien.
À Agadez, les retombées locales au centre des attentes
Au-delà de l’importance financière du projet, son développement soulève surtout la question des bénéfices qu’il pourrait générer pour les populations de la région d’Agadez. Dans une région qui dispose d’importantes ressources minières, les enjeux portent notamment sur la capacité des nouveaux investissements à se traduire par des emplois pour les jeunes, des opportunités pour les entreprises locales, des formations professionnelles et des retombées économiques durables pour les communautés riveraines.
La question du contenu local devrait ainsi occuper une place importante dans le développement du projet : quelle proportion des emplois sera accessible aux travailleurs de la région ? Quelle place sera accordée aux entreprises et prestataires locaux ? Quels investissements accompagneront l’exploitation minière dans les domaines des infrastructures, de l’eau, de l’énergie, de la santé, de l’éducation ou encore de la formation professionnelle ?
À ces préoccupations économiques s’ajoutent les enjeux environnementaux et sociaux inhérents à un projet minier de cette ampleur. Pour les communautés concernées, la transparence sur les impacts du projet, les mécanismes de suivi environnemental et l’utilisation des retombées économiques constituera également un élément important de son développement.
Une production annoncée pour 2028
Selon les projections de Global Atomic, Dasa devrait produire environ 68,1 millions de livres de concentré d’uranium, ou yellowcake, sur une durée d’exploitation estimée à 23 ans.
Le développement du projet a cependant connu plusieurs retards ces dernières années, notamment en raison des difficultés rencontrées pour mobiliser les financements nécessaires à sa construction. La production commerciale est désormais annoncée pour le second semestre 2028.
Si le financement de 414,2 millions de dollars se concrétise, il constituerait donc une étape majeure pour la réalisation du projet. Mais à Agadez, l’attention portera également sur la manière dont cet investissement minier se traduira dans la vie quotidienne des populations.
Pour une région qui contribue depuis plusieurs décennies à l’industrie uranifère du Niger, le développement de Dasa sera aussi observé à l’aune de sa capacité à créer de la valeur localement et à faire bénéficier durablement les communautés des richesses exploitées sur leur territoire.
Aïr-Info Agadez



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