Agadez : déclaration de presse de la Révolution Démocratique (RD)

Le bureau de la Révolution Démocratique d'Agadez
Réuni en session extraordinaire à l’effet d’apprécier la situation sociopolitique nationale, le Comité Régional de la Révolution Démocratique d’Agadez, en présence des membres du directoire national de la RD, rend publique la déclaration dont la teneur suit :
I- Le 25 mars 2018, à l’appel des structures de la société civile nigérienne regroupées au sein d’un cadre de concertation, des manifestations ont été organisées à Niamey et dans certaines régions du Niger.
Les manifestations de Tahoua, de Maradi, de Zinder et d’Agadez se sont déroulées pacifiquement et ont mobilisé plusieurs milliers de nigériens qui protestent ainsi contre la loi des finances 2018.
Mais à Niamey, à la suite de l’interdiction de la marche suivie de sit-in, par les autorités municipales, des violentes échauffourées ont opposé les manifestants aux forces de l’ordre. S’en sont suivies ainsi des multiples arrestations dont celles des leaders du cadre de concertation.
Face aux dérives autoritaires constatées et l’exercice de la violence, la Révolution Démocratique :
1. Exige du gouvernement le respect des libertés individuelles et collectives sérieusement menacées et pourtant consacrées par la constitution ;
2. Exige la libération immédiate et sans condition des personnes interpellées à l’occasion de la manifestation ;
3. Exige la cessation définitive des actions de menaces et d’intimidation, de plus en plus récurrentes, dont sont victimes les organes de presse indépendants et les acteurs de la société civile ;
4. La RD demande une urgente désescalade et l’ouverture d’un dialogue franc entre les différentes parties afin d’apporter des réponses appropriées aux sollicitations pacifiquement posées par les citoyens ;
5. Adresse ses encouragements et félicitations à la population d’Agadez qui vient en ce jour 2 avril 2018 d’observer l’opération ville morte, témoignant ainsi son attachement à la démocratie et son rejet de la gouvernance inique menée par les princes qui nous gouvernent.
II-Cette détérioration du climat sociopolitique intervient à un moment où les conditions de vie des nigériens ne cessent de se dégrader, les inégalités sociales se creusent de plus en plus, la précarité s’accentue et se métastase dans les classes sociales laborieuses, les soins de santé sont désormais inaccessibles à la majorité de la population, l’école nigérienne est gravement en panne, la famine menace nos villes et campagnes, le surendettement du pays va en crescendo, le manque d’emploi se généralise, la corruption gangrène toutes les sphères de la vie socio-administrative, sans compter des mesures inadaptées inscrites dans la loi des finances 2018 qui impactent directement et négativement le pouvoir d’achat des nigériens.
Aussi l’intérêt national et la souveraineté nationale sont-ils sérieusement galvaudés à travers entre autres l’installation tous azimuts de bases militaires étrangères, des exonérations de taxes injustifiables accordées aux multinationales, de l’alignement de notre pays aux logiques occidentales dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, de la sous-traitance par notre pays de la gestion du flux migratoire vers l’Europe : transformation de la ville d’Agadez en colonie-centre de l’OFPRA.
Au niveau de la région d’Agadez en plus des maux ci-dessus cités, nous faisons face à un handicapant enclavement lié à la fermeture des frontières algérienne et libyenne, à l’inexistence des routes praticables desservant la région à l’image de la RTA (malgré le financement acquis du partenaire et la pose de la 1ère pierre par le président de la République en 2015), à une crise énergétique sans précédent (des multiples coupures d’eau et d’électricité), la rareté voire l’absence d’emploi et de perspectives pour les jeunes consécutives à la fermeture du DJADO, d’Immouraren et les récentes compressions observées au niveau des sociétés minières.
La région souffre également des mesures comme la criminalisation des activités liées à la migration à travers la loi 036-2015 ayant engendré la confiscation des biens et la privation de liberté de paisibles citoyens, du manque de respect de ses notabilités à l’exemple du mépris manifeste et récent d’un responsable gouvernemental vis-à-vis des chefs coutumiers du KAWAR.
Bref, Agadez, Agadez notre région, à l’instar de toutes les régions du Niger se retrouve asphyxiée et délaissée ; Agadez souffre, le Niger souffre.

La RD saisit cette occasion pour exiger :
1. Le respect de la souveraineté nationale par les dirigeants actuels du Niger et la fermeture de toutes les bases militaires étrangères insidieusement installées dans notre pays ;
2. La responsabilisation de nos FDS dans la défense et la sécurisation des nigériens par leur dotation en moyens adéquats de travail : mettre nos FDS et leurs familles à l’abri des besoins est un impératif catégorique ;
3. La prise en charge effective des veuves et orphelins des nos braves soldats tombés sur le champ d’honneur ;
4. La réduction du train de vie de l’Etat (taille du gouvernement, nombre de députés), la suppression d’institutions budgétivores et inutiles (Médiature, CESOC, Halcia, Ligne verte) et la moralisation de la gestion administrative et politique ;
5. La résolution de tous les problèmes auxquels les nigériens en général et les populations d’Agadez en particulier font face.

III-Au regard du sombre tableau dressé et en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, on constate que de la Conférence Nationale Souveraine à ce jour, la démocratie arrachée, au terme d’intenses sacrifices, peine à répondre aux attentes légitimes du peuple nigérien. Le Niger et sa démocratie sont dans un cycle d’éternel recommencement.
Cette situation est principalement imputable à la classe politique dans son ensemble.
Les opposants d’hier, arrivés au pouvoir en 2011 n’ont fait que répliquer les pratiques de mal gouvernance qu’ils ont dénoncées pourtant durant plus de 20 ans.
Les opposants d’aujourd’hui sans mea culpa aucun, sans remise en cause des méfaits précédemment commis, devenant subito des champions de la défense de la démocratie, utilisent le même modus operandi pour arracher et s’octroyer le pouvoir d’Etat.
Tous, pouvoir comme opposition, d’hier comme d’aujourd’hui, se relaient pour tordre les principes démocratiques et exploiter le Niger à leur profit et celui de leurs familles. Le peuple dans une certaine expectative attend et attend toujours.
A la question : que faire ?
La RD propose : La tenue d’un congrès du peuple.

Cette rencontre nationale permettra aux nigériens de :
1. Eval

uer le parcours démocratique national, trouver les insuffisances et définir les mesures palliatives tant sur le plan institutionnel, juridique, administratif que socioculturel ;
2. Créer les conditions de réconciliation entre les différents acteurs nigériens et d’instauration d’une démocratie apaisée ;
3. Poser les jalons de relance de développement socioéconomique du Niger basé sur l’équité, la justice sociale et la redevabilité.

Une Génération, Un Combat !
Osons la Souveraineté !
En Avant pour la Révolution Démocratique !

Fait à Agadez, le 2 avril 2018

 

Une vue du bureau de la Révolution Démocratique (RD)

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