Migrations: l’EUCAP Sahel Niger tisse des liens entre la société civile et les autorités

L’EUCAP Sahel Niger est une mission de renforcement des capacités civiles de l’UE. Elle aide les femmes dirigeantes à mieux comprendre le travail des forces de sécurité, afin qu’elles puissent sensibiliser d’autres femmes dans leurs communautés à la prévention du trafic de migrants et à la lutte contre ce phénomène. En 2017, la mission a organisé 198 formations pour plus de 3 400 personnes sur des questions telles que l’ordre public, la gestion des crises et la traite des êtres humains.

Créée en 2012, l’EUCAP Sahel Niger contribue à mettre en place, parmi les différents intervenants nigériens dans le domaine de la sécurité, une approche cohérente, durable et fondée sur les droits de l’homme en matière de lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, l’immigration illégale et les activités criminelles qui y sont associées. En 2015, le gouvernement nigérien a adopté une loi visant à lutter contre le trafic de personnes et à protéger les migrants, après la terrible découverte que près de cent migrants, essentiellement des femmes et des enfants, étaient morts de soif dans le désert en 2013. L’EUCAP Sahel Niger aide les autorités nigériennes à mettre en œuvre la législation adoptée pour lutter contre les trafiquants et les passeurs.

Federica Mogherini, Haute Représentante et Vice-présidente, a déclaré: «C’est une stratégie de partenariat: définir les besoins; travailler avec les autorités locales; fixer les normes les plus élevées possibles en matière de protection des droits de l’homme et mettre les ressources appropriées à la disposition de ceux qui connaissent le mieux la situation locale».

Pour la population d’Agadez, il était vital de comprendre la nouvelle législation. À l’initiative de l’EUCAP Sahel Niger, un groupe de femmes dirigeantes nigériennes a assisté à deux séances de formation, au printemps dernier, dispensées par un expert de l’agence nationale nigérienne de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants, qui était venu répondre à leurs questions sur la nouvelle loi et sa mise en œuvre. Les réunions ont vraiment tout changé, explique Mme Azara, présidente du groupe de femmes:
«Il n’y avait pas beaucoup de confiance entre la société civile et les forces de police. Ces deux réunions nous ont permis de rencontrer les autorités et de leur poser toutes nos questions. C’était un espace ouvert pour aborder tous les sujets qui nous tiennent à cœur. Des représentants des trois services de sécurité étaient présents. Les réunions nous ont permis de mieux nous comprendre et ont contribué à instaurer une confiance mutuelle. Cela a eu un impact énorme sur tous les participants. Nous avons pu nous informer sur les conséquences du trafic et de la traite des êtres humains, et ensuite faire passer ces informations à d’autres femmes, ainsi qu’à nos maris, à nos fils et à nos filles».

Mme Azara a déjà travaillé avec l’Union européenne. Elle a été maire d’Agadez. En 2017, en tant que présidente du groupe de femmes, elle a contribué à la distribution de l’aide fournie par la délégation de l’Union européenne au Niger afin que les familles retrouvent une source de revenus, car elles ne pouvaient plus gagner d’argent par le trafic et l’hébergement de migrants, ou en vendant des produits aux migrants de passage.
Mme Azara a donné aux famille d’Agadez des vaches, des chèvres, des réfrigérateurs et des machines à coudre. «Cela a apporté un réel changement et une vraie amélioration», dit-elle, en soulignant que les remerciements que l’organisation de femmes reçoit pour les projets soutenus par l’UE devraient être adressés à l’Union européenne.

Mme Bartsch, conseillère de l’UE sur la lutte contre la traite des êtres humains à l’antenne de l’EUCAP Sahel Niger à Agadez, explique que
«cela a été une expérience incroyable de travailler avec les femmes dirigeantes. Elles ont réussi à avoir une grande influence avec peu de moyens. Il est très important de continuer à travailler avec ces groupes de femmes, parce qu’elles sont écoutées par la population et jouent un rôle important dans la prévention des conflits et de la criminalité. C’est le rôle des femmes de transmettre les valeurs éthiques et morales à la jeune génération».

En réunissant à Agadez et à Arlit, pour quelques réunions seulement, des personnes venues d’une vaste région, Mme Bartsch et l’EUCAP Sahel Niger ont tissé des liens entre les femmes dirigeantes, les autorités et les forces de sécurité, contribuant ainsi à instaurer la confiance et à trouver des solutions aux problèmes. L’intérêt suscité était si grand que le nombre de participants a doublé.

Source : https://eeas.europa.eu/headquarters/

Mme Azara Mahamadou en compagnie de Mme Kerstin Bartsch de EUCAP SAHEL
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