Niger/Recrudescence COVID-19 : Le ministre de la santé déplore un abandon des mesures barrières

Après le président du comité de la gestion de la pandémie de COVID-19, c’est au tour du ministre nigérien de la santé publique de faire part d’une recrudescence des cas dus à la pandémie, lors d’une sortie médiatique sur la télévision nationale. Selon lui, cela s’explique surtout par un abandon des mesures barrières par la population.

Depuis près de deux ans, la maladie à coronavirus persiste dans le monde en général. Au Niger, le virus demeure avec une recrudescence exceptionnelle des cas ces dernières semaines. C’est le président du comité de la gestion de la pandémie qui avait alerté de cette montée des cas, il y’a quelques semaines. Par la même occasion, il avait sollicité la redynamisation du comité, dont les activités étaient suspendues, pour mieux faire face à cette inquiétante situation. Le 04 novembre dernier, le ministre de la sante publique, de la population et des affaires sociales était sorti sur les antennes de la télévision nationale pour déplorer un abandon des mesures barrières qui constitue, pour lui, un facteur de propagation du virus.

« Pratiquement, la population n’observe plus les mesures barrières. (…) Les mesures d’hygiène, l’utilisation du gel, la non-observation de la distanciation ; en un mot, toutes ces mesures qui permettent d’éviter la propagation de cette pandémie aujourd’hui ne sont plus observées », a constaté le ministre de la santé publique, Dr. Idi Illiassou Mainassara.

Le ministre de souligner que « c’est devant cette situation, et après analyse au conseil des ministres, que le Président de la République a donné des instructions très fermes au président du comité interministériel, qui est le premier ministre, en vue de convoquer une réunion extraordinaire pour analyser et évaluer cette situation ». Une réunion, selon lui, qui avait pour objectif de faire « des propositions concrètes » afin de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour contenir la pandémie.

Vers une troisième vague des personnes non-vaccinées 

Evoquant également un faible taux de vaccination, le ministre a fait savoir qu’en deux (2) semaines, environ quinze (15) patients sont décédés suite à la COVID-19. Et, « La plupart de ces gens sont des jeunes qui ne sont pas vaccinés », a-t-il précisé, annonçant que huit (8) autres« jeunes qui ne sont pas vaccinés » étaient en réanimation. « On est en train d’évoluer vers une troisième vague de la pandémie de la COVID-19 des personnes non-vaccinées », avise Dr. Idi Illiassou Mainassara. Et ce, malgré la disponibilité de plus d’un million de doses des vaccins, tous antigènes confondus.

Alors que le pays est à sa troisième campagne de masse pour la vaccination, moins de 1.500.000 doses de vaccins ont été administrées à la date de la sortie médiatique du ministre. Bien que ces campagnes suscitent peu d’engouement, quelques trois millions de doses sont attendues d’ici la fin d’année, dans le cadre de la facilité COVAX, selon le ministre de la santé, et deux autres campagnes de masse seront ainsi organisées pour pouvoir vacciner le maximum de personnes. En effet, une quatrième campagne sera organisée au cours de ce mois de novembre et une cinquième en décembre, a souligné Idi Illiassou Mainassara. En dehors de ces campagnes, la vaccination continue dans pratiquement toutes les régions du Niger, sauf que cela ne semble pas intéresser autant la population.

Cette réticence de population à la vaccination est l’un des facteurs qui font qu’« on enregistre plus de cas et de plus en plus de nombres importants de décès liés à cette maladie », a expliqué le ministre de la sante publique, de la population et des affaires sociales. Et cela couplé à l’avènement de la saison froide et à l’abandon des mesures barrières qui facilitent la circulation et la propagation du virus.

Ahmadou ATAFA

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Article écrit et publié dans le cadre du projet Covid-19 Response in Africa mis en œuvre par le consortium composé de International Media Support et de Free Press Unlimited et financé par l’Union Européenne.

 

Ahmadou Atafa

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