Lutte contre la COVID 19 : que sont devenues les gestes barrières ?

La maladie à COVID 19 a été identifiée pour la première fois à Wuhan en République Populaire de Chine, en décembre 2019. Notre pays a enregistré ses premiers cas de cette maladie en mars 2020. A l’époque, les autorités avaient pris des mesures drastiques notamment la fermeture des frontières, le couvre-feu, la fermeture des lieux de culte et des écoles ainsi que l’isolement de la ville de Niamey, afin de stopper la propagation du virus.

Le gouvernement avait également instauré l’Etat d’urgence sanitaire sur toute l’étendue du territoire. A ces mesures qui seront presque toutes levées par la suite, s’ajoutent plusieurs autres gestes barrières individuelles permettant d’éviter ou de transmettre la maladie. Il s’agit, entre autres du port de bavette, la distanciation sociale, le lavage des mains.  Cependant, force est de constater que ces gestes barrières sont pratiquement délaissés dans la plus part des lieux de regroupement, malgré la persistance de la pandémie.

Plusieurs témoignages recueillis mettent en évidence le risque énorme d’une recrudescence de la COVID 19 dans notre pays. En effet, la pratique des gestes barrières susceptibles de réduire considérablement la propagation de la pandémie, n’est plus une préoccupation dans la plus part des lieux de regroupement au Niger. L’exigence des gestes barrières a manifestement faibli même dans les écoles et les services publics ou privés, et cela, depuis fort longtemps. « Personnellement je suis convaincu de l’existence de la COVID 19, mais je ne songe jamais à pratiquer les gestes barrières contre cette pandémie », a indiqué Seyni Moussa Maiga, un habitant de Niamey  « C’est seulement en conduisant la moto ou en travaillant dans la poussière que je porte de bavette », a-t-il ajouté. « Je porte de bavette uniquement quand c’est exigé pour avoir accès à certains locaux comme ceux des ministères, centres de santé, organismes internationaux, ambassades, Hôtels etc.… », a laissé entendre Maman Sani Saidou, un enseignant en service à Niamey. Aussi, selon Elhadji Mamoudou Alfari, un opérateur économique résident à Niamey, rares sont les lieux de rencontre où l’on se souci de la distanciation sociale contre la COVID 19. En effet, « en dehors de quelques services et salles de réunion, partout les gens s’amassent sans se soucier de contracter ou de transmettre le virus », a-t-il ajouté. Pour ce qui est des dispositifs de lavage de mains, les écoles et les services, pour la plus part, n’en disposent pas. « Nos dispositifs de lavage de mains de l’année passée sont dans le magasin, nous ne les avons pas mis en place pour cette rentrée », a confié le directeur d’une école de la place.

De mars 2020 à la date du 11 décembre 2021, la COVID 19 a fait 268 morts au Niger. A la même date, le pays compte encore 63 cas actifs détectés parmi lesquels 43 en hospitalisation dont trois (3) en réanimation. En cette période de froid où le risque d’une recrudescence de la pandémie est très élevé, la vaccination massive des populations et la pratique rigoureuse des gestes barrières permettront de ralentir fortement la propagation du virus. Toutes choses qui permettrons de sauver plusieurs vies notamment parmi celles des personnes vulnérables à risque dont les vieilles personnes, les asthmatiques, les diabétiques, entre autres.

Boubacar Hamani LONTO

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Article écrit et publié dans le cadre du projet Covid-19 Response in Africa mis en œuvre par le consortium composé de International Media Support et de Free Press Unlimited et financé par l’Union Européenne 

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