« Depuis 2011, jusqu’aujourd’hui, la région d’Agadez a été une des régions les plus calmes du pays », affirme Rhissa Ag Boula, Ministre d’Etat à la Présidence.

En marge du forum intercommunautaire d’Agadez, le Ministre d’Etat à la Présidence, Rhissa Ag Boula, a accordé une interview exclusive aux communicateurs de la Présidence de la République. Membre du gouvernement depuis l’arrivée du PNDS TARAYYA au pouvoir (un peu plus de 10 ans), Rhissa Ag Boula explique dans cette interview l’objectif du forum de la paix et de la Cohésion sociale, pourquoi le choix d’Agadez comme la région hôte et comment résiste-t-elle aux tentations de déstabilisation.

 

Aïr Info : Qu’est-ce qui justifie la tenue de ce forum et pourquoi le choix d’Agadez ? 

Rhissa Ag Boula : Ce forum, c’est une idée du Président de la République lui-même. C’est lui qui nous a demandé, lors d’un conseil de sécurité, d’organiser une grande rencontre à Agadez qui regrouperait la région de Tahoua, surtout la partie nord, la région d’Agadez et un peu les parties nord de la région de Zinder et nord de Diffa. Ce forum, on lui a donné comme thème « paix, sécurité et cohésion sociale ». Dans l’analyse que nous avons faite au niveau du conseil de sécurité, en dehors du conseil avec le Président, nous avons fait un constat. Vous savez, la région d’Agadez, tout Nigérien s’attendait, on sait qu’en 2011, à l’effondrement de l’Etat libyen, le Niger serait déstabilisé par une déstabilisation de la région d’Agadez. Vous avez constaté depuis 2011, jusqu’aujourd’hui, la région d’Agadez a été une des régions les plus calmes du pays. Les tentatives de déstabilisation ne sont pas venues par la région d’Agadez. Mais, au contraire, elles sont venues par d’autres régions. Le Président a fait donc cette analyse pour dire que, il faut que la région d’Agadez et le nord de Tahoua continuent à être stables. Nous avons constaté qu’au niveau de la région d’Agadez et au niveau du nord de Tahoua, une multiplication de trafics, une multiplication de groupes armés, notamment des groupes étrangers fortement armés, surtout dans la région d’Agadez et nous avons dit que ça, ça pourrait nous amener une multiplication d’armes qui pouvait être un foyer encore de tension de plus. Voilà ce qui justifie donc ce forum. Nous avons demandé aux différentes communautés qui occupent ces espaces de se rencontrer en deux jours (le 30 juin et le 1er juillet) sous le patronage du Président de la République, de discuter de ces questions sécuritaires et pour, au sortir, renforcer la quiétude dans ces espaces-là. L’objectif est de continuer à consolide la paix qui existe déjà dans ces espaces-là et de dégager les conditions de lutte contre les trafics et les groupes armés dans ces palais.

Aïr Info : Comment la région d’Agadez résiste-t-elle aux tentations de déstabilisation ?

Rhissa Ag Boula : Le Niger est resté pendant dix ans stable, malgré les menaces qui l’entourent : l’effondrement de l’Etat libyen, l’effondrement de l’Etat malien, le Boko Haram à l’est et, évidemment, les groupes terroristes qui sont au Mali se sont donc infiltrés jusqu’au Burkina, donc la déstabilisation de Burkina. Le Niger est resté stable, est resté un pays gouverné. C’est grâce au Président Issoufou. Lorsqu’en 2011, le lendemain de son investiture, il nous a appelés pour nous demander qu’est-ce qu’il faut faire pour que nous ne soyons pas déstabilisés. Et on lui a dit ce qu’il faut faire. En 2012, le 07 avril, le lendemain de la proclamation, par le MNLA, de la République touareg à Gao, il nous a encore fait le même appel pour nous dire qu’est-ce qu’il faut faire ? Quand je parle de nous, c’est un certain nombre de leaders du nord, parce que tous les Nigériens pensaient que la déstabilisation du Niger viendrait du nord, de l’Etat libyen qui est effondré et de la région d’Agadez où on s’est vu un certain nombre de rébellions des années précédentes. Donc, tous les Nigériens pensaient que la déstabilisation du Niger viendrait du nord. Et le nord, c’est vous, les leaders. Le Président Issoufou a compris ça et il a pris les décisions les plus importantes qui ont fait que le Niger est resté stable jusqu’aujourd’hui. Et le Président Bazoum qui était à ses côtés, aux affaires étrangères et au ministère de l’intérieur, a consolidé ces idées, ces décisions. Donc, c’est ce qui a fait que ce pays est resté calme, en tout cas dans sa partie nord. Il faut que les Nigériens reconnaissent qu’en 2011, quand le régime de Kaddafi, toutes les armes qui sont passées au Mali, qui sont parties jusqu’en Mauritanie, jusqu’au Nigeria, c’est le Président Issoufou qui a pris les dispositions pour que ces armes ne soient pas utilisées par les Nigériens. Le 06 avril, quand les touareg du Mali ont proclamé la République touareg à Gao, le Président Issoufou m’a appelé, il m’a dit qu’est-ce qu’il faut faire ? Gao est à 400 kilomètres de Niamey. Ils vont déferler sur nous. Je lui ai dit qu’on va résister et il a résisté ; et les Nigériens ont résisté. Donc, c’est ça qui a fait ça. Aujourd’hui, nous en sommes fiers et de son dauphin qui l’a remplacé et qui a pris ces décisions avec lui. Majoritairement, nous avons décidé de rester dans la République, de ne pas suivre nos frères du Mali qui ont déclenché un mouvement indépendantiste. Je suis un citoyen qui travaille avec le Président Bazoum, qui croit à ce que le Président Bazoum peut faire beaucoup de choses au Niger. Je crois à ça profondément. Donc, c’est pour ça que je dis : je pense que la jeunesse a un challenge à saisir et à faire. Et je pense que les jeunes doivent regarder les actes qu’il pose tous les matins, en matière de sécurité, en matière d’éducation, en matière de développement. Et à chaque fois qu’il sent qu’il y a une étincelle qui va s’allumer quelque part, il vient en courant. Il était à Makalondi. Vous voyez, il est parti avant-hier à Diffa pour sécuriser des villages, des hameaux et maintenant il vient à Agadez pour dire attention, restons en paix.

Décryptage Ahmadou ATAFA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.