Niger – Niamey : la société civile manifeste contre la cherté de la vie et la présence des forces étrangères

Plusieurs organisations de la société civile, réunies au sein du mouvement « M62 », ont tenu, ce dimanche 18 septembre 2022, une marche pacifique suivie de meeting à Niamey. Il s’agit d’une toute première manifestation publique du « M62 ». Elle intervient après près de 5 ans d’interdiction systématique de manifestations publiques de la société civile au Niger.

C’est pour la première fois que le « M62 » a pu organiser une marche publique depuis son lancement le 03 août dernier. Plusieurs centaines de personnes ont pris part à ce rendez-vous pour lequel elles se sont réunies à la place Toumo de Niamey pour se converger à la place de concertation où a eu lieu le meeting.

A travers cette manifestation, dite « marche pour la dignité », le mouvement dit s’opposer à l’augmentation du prix du litre à la pompe du gasoil et à la vie chère de façon général. L’objectif est aussi, pour le « M62 », d’exiger le départ de la force Barkhane du territoire nigérien et exprimer sa solidarité et apporter son soutien à l’Etat malien dans sa démarche de « saisine du Conseil de Sécurité des Nations-Unies contre l’Eta français », selon Abdoulaye Seydou, le coordonnateur dudit mouvement.

On pouvait lire sur les pancartes, entre autres, « Non au 130 fr (augmentés sur le prix du litre de gasoil – NDLR) » ; « dégage l’armée française criminelle » ou encore « la France finance et parraine le terrorisme au Sahel ». Les manifestants exigent, par ailleurs, « le départ pur et simple de toutes les bases militaires étrangères en Afrique ».

Les manifestants (photos DR)

Lancé par une quinzaine d’organisations de la société civile, à l’occasion de la célébration du 62ème anniversaire de l’indépendance du Niger, le « M62 » se veut un mouvement qui vise à « défendre, préserver et sauvegarder la souveraineté et la dignité du peuple nigérien ». Les initiateurs estimant que ces valeurs sont mises à mal par « la mauvaise gouvernance, la banalisation de la souveraineté nationale, la cherté de la vie, l’indifférence et l’insouciance des gouvernants face aux souffrances des populations ».

Depuis son lancement, le mouvement, qui réunit aujourd’hui une vingtaine d’organisations, a surtout décrié l’augmentation du prix à la pompe du litre de gasoil de 130 francs CFA entrée en vigueur depuis le 1er août, soit deux jours avant son lancement.

A noter que cette première manifestation publique du « M62 » a eu l’aval des autorités municipales de Niamey qui, dans un premier temps, l’avaient interdite. Le conseil de ville de Niamey avait évoqué les « raisons sécuritaires, risque d’infiltrations et risque de troubles à l’ordre public » pour justifier l’interdiction de la manifestation. Le Réseau Panafricain pour la Paix, la Démocratie et le Développement (REPPAD) a alors introduit une demande de recours gracieux auprès de mêmes autorités. Ce qui a finalement abouti à la levée de cette interdiction.

Au Niger, depuis 2018, aucune manifestation publique de la société civile n’a été autorisée. Au regard du refus systématique des manifestations, par les autorités municipales, les organisations de la société ont, à maintes reprises, dénoncé une restriction de l’espace civique et des libertés d’association, de réunion et de manifestation, pourtant garanties par la constitution.

Ahmadou Atafa 

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