Le Parquet près le Tribunal d’Agadez réagit après notre article intitulé : La HALCIA enquête sur des cas de libération des criminels et disparition des scellés judiciaires

Bonsoir, après votre article intitulé « Agadez : « La HALCIA enquête sur des cas de libération des criminels et disparition des scellés judiciaires », nous nous permettons de vous envoyer cette contribution afin d’ édifier vos lecteurs.

Tout d’abord, sachez que depuis la prise de service de M. Moctar Henri Martin en qualité de Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance d’Agadez, il s’est insurgé contre un certain nombre de pratiques au niveau du Tribunal, des unités d’enquête et à la Maison d’arrêt de son ressort.
C’est ainsi qu’au niveau du Tribunal de Grande Instance d’Agadez, il a déploré les libérations hâtives décriées par la population d’Agadez, de détenus dont certains sont des bandits de grand chemin, ainsi que les restitutions de certains biens sous scellé à leurs propriétaires pourtant impliqués dans des affaires d’attaque à mains armées ou de drogue, souvent à l’insu du parquet, alors même que ces biens sont susceptibles d’être confisqués au profit de l’Etat.
En effet, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance d’Agadez a pris des dispositions pour sécuriser les biens susdits, avant leur confiscation par le Tribunal. Il a par la même occasion rappelé certains collègues à l’ordre en vue d’un retour à l’orthodoxie qu’impose le statut de la magistrature. Dans la même optique, des échanges entre les différents services sont entrepris afin de pallier l’excès de souplesse de certaines décisions relativement à certaines catégories d’infractions, dont la population se plaint souvent à tort ou à raison. Tout cela afin d’adopter une politique pénale plus dissuasive pour ces catégories d’infractions d’où la tenue d’une Assemblée Générale du Tribunal, instance appropriée pour les concertations entre magistrats. Mais malheureusement certains collègues ont réfuté les préoccupations du parquet tendant à réprimer convenablement les infractions en cause.
S’agissant de la Maison d’arrêt, le procureur a interdit des pratiques consistant à racketter les détenus et/ou leurs familles contre des promesses mensongères, afin d’obtenir des libérations irrégulières.
Au niveau des unités d’enquête, notamment la police et la gendarmerie, les responsables desdits services ont été mis devant leur responsabilité pour engager une véritable lutte sans complaisance contre le banditisme sous toutes ses formes. C’est dans cet élan que plusieurs réseaux de gangs ont été démasqués et démantelés, avec des arrestations de plusieurs suspects.
Sur le plan sécuritaire, le soutien indéfectible du parquet aux Forces de défense et de sécurité (FDS) n’a jamais été aussi remarquable, avec l’assistance du Procureur aux opérations de patrouilles les plus sensibles, souvent nuitamment. Il en est ainsi de certaines opérations de perquisition et des missions de reconnaissance dans certains quartiers d’Agadez reconnus pour leur insécurité, notamment Abalan et Misrata.
Mais de toutes ces mesures positives et salutaires pour les populations locales, la plus importante est la lutte sans merci engagée contre le trafic, la vente et la consommation de drogue et le proxénétisme qui gangrènent la quiétude des populations et accentuent l’insécurité urbaine.
Ainsi, grâce à l’appui de la Mairie d’Agadez et le Directeur régional de la police (DRPN), le parquet a pu créer des postes permanents de police à des endroits réputés irréversiblement dédiés à la vente et à la consommation de la drogue, au vu et au su de tout le monde. Il s’agit notamment des postes de police de Hilin Sarki et de Rotchi qui ont permis aux populations de pouvoir jouir à nouveau de leur pleine liberté, loin des vieilles inquiétudes d’être agressées en ces lieux, même en pleine journée.
Aussi, les services de l’OCRTIS (police anti-drogue) ont été relancés pour plus de perspicacité eu égard à la recrudescence du phénomène de la drogue de façon générale et de sa consommation à Agadez, en particulier, qui enregistre de plus en plus de sujets féminins, avec tout les risques que cela comporte pour la santé et la moralité de la population. C’est dans cette dynamique que ces services se sont investis plus que par le passé dans la traque des dealers et consommateurs de drogue, qui a permis d’apaiser l’atmosphère dans la région.
Toutefois, le parquet dont le Procureur est le responsable, ayant touché aux intérêts de groupuscules se croyant intouchables, fait face à des campagnes d’intoxication, de dénigrement, à la limite attentatoires à l’image de la justice et au respect qui lui est dû, dans son ensemble. Cela est l’œuvre de groupes mafieux en perte de vitesse, qui pensent avec leurs consorts, souvent proches de la justice ou à son service, en pensant pouvoir renverser la tendance.
Il est surtout important de relever que, ce qui est prétendument et maladroitement dénoncé par les conspirateurs remonte à il y a deux ans ou un peu moins de cela, alors que la nouvelle équipe de magistrats, qui se bat corps et âme pour redorer le blason de la justice d’Agadez, n’y était pas affectée.
Ces dénonciations mensongères, pour préserver les intérêts de certains barons qui faisaient la pluie et le beau temps à Agadez, sont pourtant loin de freiner la dynamique en marche comme en témoigne l’arrestation récente d’autres malfrats dans une affaire de vol d’or et qui après leur présentation aux autorités de la région dans les locaux de la police, croupissent à ce jour en prison, en attendant que la justice se prononce sur leur sort.
Il appartient désormais aux prétendus dénonciateurs de répondre de leur forfaiture, car il est question du fonctionnement de la juridiction et des pratiques judiciaires qui relèvent de l’inspection générale des services judiciaires (IGSJ), qui ont été portées de façon malhonnête devant la HALCIA, pour nuire à l’image de la justice en général et du parquet d’Agadez en particulier, mais aussi des FDS, à travers les unités d’enquête, qui de jour comme de nuit luttent inlassablement contre les malfrats de tout genre, afin que les paisibles citoyens d’Agadez dorment en toute quiétude.
Nous vous confirmons que depuis notre prise de service, il y a environ dix mois, aucun scellé judiciaire n’a disparu à ce jour. Que tout ce qui a été transmis à la juridiction est intact au parquet ou au greffe.

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Note de la Rédaction du journal Aïr Info après la réaction du Parquet d’Agadez :

Nous vous remercions beaucoup pour cette réaction qui apporte davantage un éclairage sur la juridiction d’Agadez, cette honorable institution qui doit être le dernier rempart sur terre pour les justiciables mais qui est jetée aux gémonies suite à des actes peu recommandables provenant des fois de ceux-là même qui doivent rendre justice. Nous vous encourageons comme vous l’avez si bien énuméré dans votre réaction, à œuvrer vaille que vaille afin de redorer le blason de cette institution.
Vous conviendrez avec nous que votre réaction ne dément aucunement pas notre information selon laquelle la HALCIA est venue à Agadez pour faire des investigations sur des cas présumés de disparitions des scellés et de libérations des criminels incarcérés moyennant versements de pots de vins.
Nous vous précisons que cette mission de la HALCIA a bel et bien séjourné à Agadez courant deuxième décade de décembre 2022. Et nous le confirmons aussi, la mission s’est intéressée aux griefs susmentionnés et dans ce cadre a bel et bien entendu plusieurs personnes dont des magistrats.
Pour Aïr Info, en tant qu’organe d’informations, entièrement au service de la population, nous nous permettons de mettre à votre disposition quelques cas avérés de libérations de criminels avant qu’ils n’aient eu à purger leur peine.
– Le sieur M.Z, bandit armé auteur de deux crimes successivement en 2012 et 2013, était activement recherché. Il sera arrêté en 2020 en plein braquage non loin de Tchirozérine. Curieusement, il a été libéré en août 2021. Il vaque à ses occupations narguant les parents de ses victimes.
– Courant 2021, le nommé I.M a versé 250.000 FCFA à un magistrat pour que lui soit restitué son véhicule pourtant mis sous scellé.
– Toujours courant 2021, le père d’un criminel aux initiales A.A a payé à un magistrat 1.000.000 FCFA pour que soit libéré son fils.
Toutes ces personnes peuvent bien témoigner et donner à la HALCIA l’identité des auteurs mis en cause. Plusieurs cas en notre possession, s’étant passés il y a quelques années, indexent certains agents de l’Etat sur toute la chaîne d’enquête bien avant d’arriver au Tribunal.

Enfin, il est décent de reconnaitre qu’il y a des magistrats et des officiers de police judiciaire intègres et valeureux, qui ne sont ni de près ni de loin concernés par ces tristes affaires. A eux, il faut vraiment tirer chapeau !
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Cordialement,
Ibrahim Manzo DIALLO
Directeur de Publication de Aïr Info

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