Pauvreté au Niger : Mohamed Bazoum pointe du doigt la croissance démographique

Dans un discours qu’il a prononcé vendredi, à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux du nouvel an aux institutions de la République, le Chef de l’Etat, Mohamed Bazoum, s’est appesanti sur le problème de la croissance démographique au Niger. Selon lui, elle constitue le moteur de la pauvreté et l’un de grands handicaps pour l’amélioration de la gouvernance.

Le Niger, avec l’une des croissances démographiques la plus rapide au monde, fait face à une extrême pauvreté. Pour le président de la République, cette croissance démographique en est pour beaucoup.

« Il n’y a aucun pays au monde dont les rues des villes et des villages sont encombrées par autant d’enfants oisifs, hors du moindre contrôle de leurs parents que le Niger », a déclaré le Chef de l’Etat. « Aussi longtemps que nous ferons des enfants sans avoir l’intention de vraiment bien les nourrir et de les éduquer nous serons exposés à l’extrême pauvreté et notre orgueil national sera toujours affecté par notre rang de dernier pays du monde en matière d’indice de développement humain, à chaque fois que le PNUD publiera ses statistiques », ajoute-t-il.

Pour Mohamed Bazoum, la croissance démographique pèse fortement sur la qualité du système éducatif et, par ricochet, sur le développement du pays. Il estime que plus la population est nombreuse, plus les dépenses sont exigées pour l’éducation et moins la qualité est assurée.

« Les pays les plus riches sont non pas ceux qui possèdent le plus de richesses naturelles, mais ceux qui ont les meilleurs systèmes éducatifs. Or pour avoir un bon système éducatif il faut ne pas être condamné à multiplier par deux tous les 10 ans le nombre d’enseignants, des classes ainsi que la quantité des fournitures et des manuels scolaires dont on a besoin à cet effet », affirme le Président Bazoum. « L’éducation coûte très cher et sa qualité n’est pas compatible avec des dépenses insupportables que commande une croissance exponentielle de la population », argumente-t-il.

Par la même occasion, le Chef de l’Etat a annoncé le démarrage bientôt (courant 2023) des activités de l’office national de la population. Et ce, « avec l’espoir qu’il suscitera les réflexions qu’il faut pour contribuer à sensibiliser nos compatriotes sur cette question » dont le Président dit être conscient de l’extrême difficulté.

Il faut noter que la question démographique est l’une des plus sensibles au Niger, de par les croyances et recommandations socioreligieuses du pays. A cet égard, le Président a du pain sur la planche pour réussir son pari de réduire considérablement l’accroissement de la population. Cela nécessitera forcement l’implication de tous les acteurs et surtout des leaders d’opinions, notamment les autorités coutumières et religieuses.

Ahmadou Atafa
Aïr Info 

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