Report du salon international de solidarité au Sahel : « nous n’avons pas réussi à mobiliser les acteurs étatiques et non-étatiques et leur faire porter l’événement à ce stade », explique Alkassoum Abdourahamane, l’initiateur du projet.

Alkassoum Abdourahamane, promoteur du SI2S
Alkassoum Abdourahamane, promoteur du SI2S

Initialement prévu se tenir du 15 au 17 février 2023, le Salon International de Solidarité au Sahel (SI2S) est reporté à une date ultérieure. Dans cette interview, M. Alkassoum Abdourahamane, promoteur et secrétaire permanent dudit salon, explique d’abord l’importance de l’événement, puis donne les raisons de son report, tout en réitérant sa détermination à aller jusqu’au bout.

AïR INFO (A.I) : BONJOUR M. ALKASSOUM, VOUS ETES LE PROMOTEUR DU SI2S. POUVEZ-VOUS NOUS DIRE UN PEU PLUS SUR CET EVENEMENT ?

 

ALKASSOUM ABDOURAHAMANE (A.A) : Il s’agit du plus grand événement de solidarité internationale, jamais organisé en Afrique. Il vise à réunir les acteurs humanitaires intervenant au Sahel, notamment dans les cinq pays du G5 Sahel initial, plus le Nigéria et le Cameroun.

Deux objectifs majeurs sont visés :

  1. Repenser l’intervention humanitaire au Sahel pour mieux répondre à cette situation « d’instabilité stable ». Proposer des solutions locales, et non importées et parachutées, qui répondent au mieux à nos problèmes.
  2. Mobiliser des acteurs et des ressources pour la création d’un centre de formations dédiées aux métiers de l’humanitaire au Sahel : Le College of Humanitarian Affairs de Niamey.

A.I : LE SALON DEVAIT SE TENIR DU 15 AU 17 FEVRIER 2023. MAIS, IL A FINALEMENT ETE REPORTE A UNE DATE ULTERIEURE.  POURQUOI DONC CE REPORT ?

 

A.A : Pour être bref, nous n’avons pas réussi à mobiliser les acteurs étatiques et non-étatiques (la communauté humanitaire pays et sous régionale) et leur faire porter l’événement à ce stade.

En termes clairs, cette initiative a souffert de deux formes de vulnérabilités :

Le caractère informel de l’administration publique et surtout de l’Etat au plus haut niveau. Cette initiative est portée par des individus nigériens sous la bannière d’un cabinet privé qui n’appartient pas à l’establishment politique. Si, en face, nous avons eu à faire avec un ministre plein de volonté, à une échelle plus importante, le haut niveau n’est pas réceptif à toute initiative aussi importante soit-elle qui n’émane du petit cercle de « biens penseurs ». L’Etat du Niger avait refusé de porter l’événement ne serait-ce que par une simple lettre de recommandation à l’endroit de ses partenaires de développement.

La deuxième vulnérabilité, elle vient, quant à elle, de certains responsables des ONGs et organismes qui voient d’un mauvais œil toute émergence d’une initiative locale, surtout si, à la fin, elle vise la résidentialisation des postes. En effet, si à travers les centres de formations, nos jeunes seront formés, ça serait à eux d’occuper des postes importants dans un moyen et long terme. Aussi, à moyen terme, les ONGs nationales sahéliennes pourront bénéficier des financements au même titre que toute autre ONG internationale qui fonctionne avec des financements bailleurs.

 

A.I : QUEL IMPACT POUR L’INITIATIVE ?

 

A.A : Les impacts sont divers.

C’est d’abord une belle expérience qu’il faut prendre avec beaucoup de philosophie pour la structure et surtout chez les individus qui, depuis trois ans, y travaillent et croient dur comme fer en cette noble initiative.

Beaucoup a été fait, mais beaucoup reste à faire.

 

A.I : UN DERNIER MOT ?

 

A.A : Nous allons continuer à travailler pour pouvoir arriver à mobiliser les acteurs, mais surtout à sensibiliser au plus haut niveau de l’Etat du Niger pour qu’il saisisse l’importance d’une telle initiative.

 

Aïr Info

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Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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