Agadez : l’industriel ORANO suspend ses activités sur le site d’imouraren

Nous apprenons que l’équipe Terrain de l’industriel ORANO basée sur le site uranifère d’ Imouraren (commune de Dannat) a reçu instruction de son employeur de suspendre toutes activités jusqu’à nouvel ordre.

D’après des sources proches d’ORANO contactées par Aïr Info, cette suspension est en lien avec la nouvelle Loi minière qui rentrera bientôt en vigueur au Niger.

D’autre part, une équipe de parlementaires nigériens conduite par l’honorable Bachir Sidi Abdoul Aziz est attendue ce jour 3 juin 2023 à Arlit. Une visite au cours de laquelle le sujet de l’exploitation minière sera abordée. Surtout le procédé d’exploitation par lixiviation in situ (ISL) qui serait envisagé par ORANO sur le site d’imouraren. Un procédé qui ne fait pas l’unanimité au sein de l’opinion locale.

Ce procédé, il faut le rappeler, consiste à injecter lentement une solution, généralement une solution acide telle que l’acide sulfurique, à travers un minerai par le biais d’un premier forage, puis quelques mois plus tard, les produits dissous par cette solution sont pompés à la surface grâce à un deuxième forage.

Cette technique d’exploitation, certes moins coûteuse pour l’industriel ORANO, présenterait un risque certain de contamination des eaux souterraines.  » Ce type d’exploitation est extrêmement dangereux et va compromettre à la longue la survie de toute vie humaine, animale et environnementale après l’achèvement des opérations de lixiviation », alerte un expert.

Ibrahim Manzo Diallo

Aïr-Info

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1 Comment

  1. « la longue survie de toute vie humaine, animale et environnementale » sera menacée localement si les êtres vivants consomment l’eau telle quelle est aujourd’hui au niveau du gisement à cause de l’uranium présent dans le niveau aquifère.
    Si on enlève le plus d’uranium possible, on diminuera ce risque pour des siècles et des siècles.
    En ce qui concerne les solutions acides elles sont recyclées à l’intérieur du périmètre de pompage. On tourne en « milieu » fermé, et les aires de contamination possible sont contrôlées par des puits extérieur de surveillance. Les mesures en hydrogéologie et en géochimie permettent de suivre les réactions chimiques dans l’aquifère entre les puits injecteurs et les puits producteurs et les réactions qui pourraient continuer dans le milieu naturel en fin d’exploitation. Plus de 40% de l’uranium produit dans le monde, l’est en utilisant cette méthode, on n’est pas du tout en « terrain inconnu ».

    Cette méthode d’exploitation ne génère pas de contamination en surface, et de dangers directs pour la flore, la faune et les populations, comme le ferait une exploitation classique en mine à ciel ouvert ou en mine souterraine. Elle n’est possible cependant que dans des contextes géologiques particuliers, et nous devons tous souhaiter que les études pilotes industrielles conduites actuellement permettent de confirmer son applicabilité sur le gisement d’Imouraren.
    Effectivement les coûts d’exploitation sont très faibles (ce qui est très pour l’industriel et pour le Niger) par rapport à ceux d’une exploitation traditionnelle. Cette méthode permet quand elles est techniquement applicable, de valoriser des gisements à basse teneur inexploitables par les méthodes classiques (ce qui est primordial pour l’économie du Niger, et pour que le Niger maintienne son rang au niveau des pays concurrents).

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