Les États de l’AES se retirent de la CEDEAO après 49 ans

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé ce dimanche 28 janvier leur retrait « sans délai » de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Les trois pays qui ont créé l’Alliance des États du Sahel (AES) estiment que la CEDEAO, après 49 ans d’existence, « s’est éloignée des idéaux de ses pères fondateurs et du panafricanisme ». De plus, elle est devenue « une menace pour ses États membres et ses populations dont elle est censée assurer le bonheur » ont argué les États de l’AES qui accusent l’organisation d’agir « sous l’influence de puissances étrangères » et de trahir « ses principes fondateurs ».

« (…) l’organisation n’a pas porté assistance à nos Etats dans le cadre de notre lutte existentielle contre le terrorisme et l’insécurité. Pire, lorsque ces Etats ont décidé de prendre leur destin en mains, elle a adopté une posture irrationnelle et inacceptable en imposant des sanctions illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes toutes choses qui ont davantage fragilisé les populations déjà meurtries par des années de violence imposée par des hordes terroristes instrumentalisées et téléguidées », a expliqué le communiqué conjoint du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

« Face à cette situation qui perdure, Leurs Excellences, Le Capitaine Ibrahim Traoré, Le Colonel Assimi Goïta et Le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, respectivement Chefs d’Etat du Burkina Faso, de la République du Mali et de la République du Niger, prenant toutes leurs responsabilités devant l’histoire et répondant aux attentes, préoccupations et aspirations de leurs populations, décident en toute souveraineté du retrait sans délai du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest », ajoute le communiqué.

Cette décision historique intervient alors que les trois pays sont dirigés par des militaires arrivés au pouvoir par des coups d’État. Le dernier en date est intervenu le 26 juillet 2023 au Niger qui, en conséquence, reste encore sous les sanctions inédites de l’organisation dont les trois pays viennent d’acter leur retrait. Le 25 janvier dernier, une délégation de ladite organisation était attendue à Niamey pour discuter avec les autorités de la levée de ces sanctions. Mais, la délégation n’était pas arrivée en raison, selon la CEDEAO, des « problèmes techniques de l’avion ». Après ce manquement, le premier ministre du Niger a déploré une « mauvaise foi » de l’institution régionale.

A propos de Ahmadou Atafa 340 Articles
Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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