Niger : restrictions sur l’enlèvement du fret à partir du Togo

Alors que les tensions s’intensifient avec le Bénin, le Niger appelle au respect des restrictions sur l’enlèvement du fret depuis la République Togolaise. Selon les autorités, cette opération est réservée aux seuls véhicules immatriculés au Niger et au Togo.

Dans un communiqué en date du 11 mai, le Ministère des Transports et de l’Equipement du Niger a appelé au respect des règles entourant l’enlèvement du fret nigérien depuis la République Togolaise, conformément à l’accord bilatéral de transport routier entre le Niger et le Togo.

Selon les termes dudit accord, cités par le communiqué, seuls les véhicules immatriculés au Niger et au Togo sont autorisés à transporter le fret nigérien depuis le port de Lomé ou tout autre lieu sur le territoire togolais.

Cependant, indique le communiqué, dans des circonstances exceptionnelles de forte demande, les véhicules immatriculés au Burkina Faso, au Mali et au Ghana peuvent obtenir une autorisation spéciale du Ministère des Transports et de l’Equipement pour participer à ce processus.

Les opérateurs de transport et les parties concernées sont priés de prendre note de cette mise à jour, en veillant à « l’application stricte » de ces directives, sous peine de « sanctions prévues par la règlementation en vigueur » pour les contrevenants.

Le rappel de ces mesures intervient dans un contexte marqué par des tensions diplomatiques entre le Niger et le Bénin. Ces tensions, ravivées par le maintien de la fermeture de la frontière nigérienne, ont été exacerbées par le blocage du pétrole nigérien par les autorités béninoises à Sèmè-Podji, suscitant ainsi des débats et des reproches entre les deux nations.

Le 08 mai, le président béninois, Patrice Talon, a exprimé son mécontentement quant au manque de coopération de Niamey dans la normalisation des relations bilatérales. Il a ainsi appelé les autorités nigériennes à revenir à de meilleures dispositions, notamment en rouvrant la frontière. Cependant, lors d’une conférence de presse, samedi dernier, le Premier Ministre du Niger a réaffirmé la position de son pays, affirmant que la frontière ne sera pas rouverte tant que la sécurité du territoire ne sera pas assurée. Il a accusé le Bénin d’abriter des bases militaires françaises, alléguant qu’elles pourraient être utilisées pour des activités de déstabilisation contre le Niger.

Dans ce contexte, l’exécution des restrictions, excluant les véhicules béninois, sur l’enlèvement du fret, pourraient potentiellement aggraver davantage les tensions entre les deux pays.

A propos de Ahmadou Atafa 443 Articles
Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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