Cinéma : en 2024, un autre regard sur l’Afrique ?

De plus en plus mis en valeur, le cinéma africain gagne en popularité sur le continent, comme sur le marché international. Cette année, comment se porte-t-il à travers le monde ?

Le potentiel de l’industrie du cinéma africain est aujourd’hui particulièrement envié à l’international. D’après l’Unesco, il pourrait créer 20 millions d’emplois en Afrique et générer 20 milliards de dollars de revenus par an. Thème abordé à chaque édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), le financement des structures existantes est le principal défi pour le continent. D’après son délégué général, Ardiouma Soma, les gouvernements et professionnels du milieu doivent « travailler en synergie » pour ce faire.

Les nouvelles technologies, le faible coût des équipements numériques et la montée en puissance des plateformes en ligne sont un terreau idéal pour les générations de créateurs africains à venir.

Olivier Barlet est historien du cinéma et critique à Africultures. Il est ambitieux pour l’avenir du milieu : « On assiste à une restructuration progressive du cinéma dans plein de pays. Des producteurs et des circuits de distribution apparaissent. Des salles rouvrent dans des zones où il n’y en avait plus. Pour moi, le cinéma se porte bien, et quand on est au FESPACO on voit qu’il y a quand même énormément d’œuvres intéressantes. »

Outre l’emblématique FESPACO, les rendez-vous cinématographiques vitrines du 7e art d’Afrique sont de plus en plus nombreux autour du globe. On peut citer le festival international du documentaire en Afrique du Sud « ENCOUNTERS », le Festival international Vues d’Afrique, dont 2024 a marqué le 40e anniversaire, ou encore le festival de Cannes, dont quelques œuvres subsahariennes anglophones se sont invitées dans les sélections.

Nollywood, devant Hollywood et Bollywood ?

Au sein du grand continent, le Nigeria, le Ghana, le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda produisent le plus. Avec aujourd’hui 2 600 films produits à l’année, le Nigeria développe le phénomène Nollywood depuis 1992. Les chiffres détrônent ceux d’Hollywood aux Etats-Unis et même de Bollywood, en Inde. C’est un succès immense en Afrique. « Les thématiques qu’on retrouve aujourd’hui sont beaucoup plus fédératrices qu’avant. Ces films, sont nettement meilleurs en qualité et maîtrise cinématographiques, et on sort des chemins battus de ce qu’il se faisait » pour M. Barlet.

Les thèmes tendances du moment

« C’est aussi intéressant de voir ce que ces oeuvres nous disent aujourd’hui. Il y a une certaine tendance vers l’intime, pas nouvelle dans les cinémas, mais qui permet aujourd’hui de parler des choses de société à travers des familles, à travers des situations du domaine de l’intime. »
D’après l’historien du cinéma, s’observe également une « prise de pouvoir » de la part des femmes dans le milieu. Ce phénomène se retrouve jusqu’au festival de Cannes, avec Ramata Toulaye en 2023 ou encore Mati Diop l’année précédente, ayant obtenu le deuxième prix après la Palme.

Omar Sylla

Contributeur Aïr Info 

A propos de Ahmadou Atafa 486 Articles
Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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