La CEDEAO désigne des émissaires pour renforcer le dialogue avec l’AES

Le 7 juillet 2024, les chefs d’État de la CEDEAO se sont réunis à Abuja pour leur 65e sommet ordinaire. Au centre des discussions : la situation tendue avec l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. L’organisation entend renforcer le dialogue avec ces trois pays. 

La CEDEAO a exprimé sa « déception face au manque de progrès dans les interactions » avec les autorités de ces pays et a demandé au Président de la Commission de prendre des mesures pour « faciliter une approche plus vigoureuse ». Un plan d’urgence sera élaboré pour anticiper toutes les éventualités dans les relations avec l’AES, conformément au Traité révisé de 1993, selon le communiqué final du sommet.

L’organisation a désigné le Président du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, comme facilitateur dans les discussions avec l’AES. Aux côtés de son homologue togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, il tentera une médiation avec les trois pays qui ont annoncé leur départ « immédiat » de la CEDEAO en janvier 2024. Umaro Sissoco Embaló, Président de la Guinée-Bissau, soutiendra les discussions, en particulier avec le Burkina Faso.

La conférence des chefs d’État s’est également penchée sur les tensions entre le Bénin et le Niger. Sur la question, la commission de la CEDEAO a été instruite « de soutenir tous les efforts de médiation en cours » pour mettre fin à ces tensions.

Par ailleurs, la conférence a déploré le maintien en détention et la levée de l’immunité de l’ancien Président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, exigeant une fois de plus sa libération inconditionnelle.

En ce qui concerne le renforcement de la coopération régionale, la CEDEAO a appelé à une meilleure coordination entre ses propres organes de sécurité et ceux de l’Union Africaine. Elle prévoit un sommet spécial sur l’avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest, abordant les enjeux de gouvernance, de paix et de sécurité. La Commission devra aussi réfléchir sur les liens entre les processus électoraux, la démocratie et le développement pour atteindre les objectifs de la Vision 2050.

Il est à noter qu’aucune mesure n’a été adoptée contre les pays de l’AES lors de ce sommet. Concernant l’affaire des visas, cette mesure pourrait être envisageable lorsque le divorce entre la CEDEAO et l’AES sera officiellement accepté, conformément aux textes de la CEDEAO, après l’annonce du retrait. Pour le moment, il s’agit seulement d’une possibilité évoquée par le président de la Commission, Omar Alieu Touray, pour souligner l’impact potentiel du retrait de ces pays sur la libre circulation des personnes.

A propos de Ahmadou Atafa 486 Articles
Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

1 Comment

  1. Ce monsieur Omar Alieu Touray a fait tellement de mal à la CEDEAO ! Au plus fort de la crise, c’était lui qui vociférait le plus, menaçait de déclencher une attaque contre le Niger, comme si lui-même allait prendre les armes et diriger les opérations. Maintenant, au lieu de privilégier les négociations, il menace encore d’exiger des visas entre états de l’AES et ce qui reste de ce machin de CEDEAO. Comment est-il arrivé à être pris comme président de la Commission ? Il n’est en rien diplomate, ce n’est ni plus ni moins qu’un pyromane! Un fossoyeur de la Communauté ! Vraiment malheureux !

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