Niger : à Arlit, s’approvisionner en carburant devient « difficile », selon des habitants

À Arlit, dans le nord du Niger, s’approvisionner en carburant est devenu difficile ces derniers jours. Devant plusieurs stations-service, de longues files d’attente ont été observées, selon des habitants joints le 4 avril. Obtenir de l’essence est devenu, selon eux, « un parcours du combattant », cela pouvant prendre plusieurs heures, dans un contexte de forte affluence.

Les stations ne sont pas à sec. Mais l’accès au carburant reste compliqué, en raison d’une demande élevée et d’un rythme d’approvisionnement jugé insuffisant par plusieurs usagers.

Aucune explication officielle récente n’a été communiquée sur la situation spécifique à Arlit. Sur place, certains évoquent des difficultés d’approvisionnement liées à la société nigérienne de pétrole (SONIDEP), tandis que d’autres pointent une hausse de la demande, notamment en lien avec les déplacements vers des sites aurifères comme Tagharaba.

Des tensions similaires observées ailleurs

Dans d’autres régions, des situations comparables ont été signalées ces dernières semaines, sans pour autant traduire une rupture généralisée de l’approvisionnement.

À Agadez commune, à Diffa, des files d’attente ont été observées il y a quelques jours dans plusieurs stations, selon des témoignages concordants. À Tahoua, des tensions avaient déjà été rapportées fin mars, avec une hausse des prix sur certains circuits informels.

À Zinder, les autorités ont, au contraire, cherché à rassurer. Le gouverneur, le colonel Masalatchi Mahaman Sani, a indiqué le 25 mars, à l’issue de visites de terrain, que les stations continuaient de s’approvisionner régulièrement et qu’« aucune pénurie imminente » n’était constatée.

Selon lui, la forte affluence observée s’explique en partie par la baisse du carburant issu des circuits informels transfrontaliers, longtemps utilisé dans la région.

Approvisionnement maintenu, mais marché sous pression

Dans un communiqué publié le 28 mars, la SONIDEP a indiqué que l’approvisionnement en carburant était « assuré de manière régulière et continue » dans plusieurs régions, notamment à Zinder et Maradi, avec des volumes même revus à la hausse.

La société publique attribue les tensions observées à plusieurs facteurs : la hausse des prix au Nigeria, un afflux de demande transfrontalière lié aux écarts de prix, ainsi que des pratiques spéculatives ou frauduleuses.

Si le flux en provenance du Nigeria n’a pas totalement disparu, plusieurs témoignages locaux indiquent qu’il est devenu plus irrégulier, ce qui pourrait accentuer la pression sur le réseau formel de distribution.

Le paradoxe d’un pays producteur

Au-delà des situations locales, ces tensions mettent en lumière un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande. Dans certaines zones, la forte mobilité liée à des activités économiques spécifiques, comme l’orpaillage, contribue à accroître les besoins en carburant

La situation interpelle d’autant plus que le Niger est producteur de pétrole. Avec une production portée à environ 110 000 barils par jour, dont une partie destinée à la raffinerie de Zinder (la seule du pays), le Niger exporte une grande partie de son brut via le pipeline Niger-Bénin. La demande intérieure repose structurellement sur cette raffinerie et, jusqu’à récemment, sur le carburant en provenance du Nigeria voisin. Depuis la fin des subventions nigérianes en 2023, ce flux s’est fortement ralenti, laissant plusieurs régions sans alternative suffisante.

La Rédaction 

1 Comment

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    Henry Author Price Jr aka Kankan

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