Sénégal : Sonko annonce des restrictions budgétaires et interdit les voyages officiels « non essentiels »

« Je voudrais vous préparer à des situations extrêmement difficiles qui nous attendent. » Le message du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, adressé vendredi 3 avril à la jeunesse lors de la clôture de la Semaine nationale de la jeunesse à Mbour (ouest), n’a pas laissé de place à l’ambiguïté. Face à une conjoncture qu’il juge alarmante, le chef du gouvernement a annoncé des mesures de rigueur immédiates et prévenu que d’autres suivraient.

« J’ai pris un certain nombre de mesures de restrictions drastiques de tout ce qui concerne les dépenses au niveau du gouvernement », a-t-il déclaré.

La mesure principale est sans appel : « aucun ministre de mon gouvernement ne bougera du pays si ce n’est pour une mission essentielle ». Sonko a annoncé avoir lui-même annulé ses déplacements officiels prévus, notamment au Niger, en Espagne et en France, où il devait également prendre part à un meeting politique.

Un écart budgétaire qui fragilise les finances publiques

La justification est chiffrée. Les prévisions budgétaires du Sénégal reposaient sur un baril de pétrole à 62 dollars. Il atteint désormais 115 dollars, a indiqué le Premier ministre, ajoutant que le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran a contribué à bouleverser les marchés mondiaux de l’énergie.

« Le Sénégal était déjà dans une situation extrêmement difficile, matérialisée par une dette exponentielle dont nous avons hérité », a déclaré Sonko. Le FMI, de son côté, estimait la dette publique sénégalaise à environ 132 % du PIB à la fin de 2024, après la découverte de passifs non comptabilisés sous l’ancienne administration de Macky Sall au pouvoir de 2012 à 2024. Selon des économistes cités par The Conversation Africa, entre 2026 et 2028, le pays devra honorer 14 870 milliards de francs CFA au titre du service de la dette totale.

D’autres mesures annoncées

Le Premier ministre a indiqué que le ministre de l’Énergie et des Mines prendra la parole « certainement la semaine prochaine » pour informer les Sénégalais de nouvelles mesures. Il a évoqué des décisions prises dans d’autres pays confrontés à des crises similaires : réduction des avantages des autorités, interdiction des véhicules de luxe, pour illustrer, selon lui, la nécessité d’une discipline collective. « Si je vous dis ceci, ce n’est pas pour vous apeurer, mais pour vous mettre dans le bain de ce monde difficile », a-t-il conclu.

A propos de Ahmadou Atafa 952 Articles
Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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