La France abroge le décret d’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso

Paul François Compaoré, le frère de l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré ne peut plus être extradé vers son pays, le Burkina Faso. En effet, la France a abrogé le décret ministériel autorisant en 2020 son extradition, ont rapporté, jeudi 21 décembre, les médias français.

« Le décret a été abrogé le 13 décembre », a annoncé le président de la chambre des extraditions de la cour d’appel de Paris, cité par RFI. Selon le média, l’annonce a été faite lors d’une audience mercredi sur la levée du contrôle judiciaire de François Compaoré prononcé en 2017 dans le cadre de la procédure d’extradition. Le décret d’abrogation a été signé par la Première ministre française, Elisabeth Borne.

Cette abrogation est « intervenue à la suite de l’arrêt de la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme) du 7 septembre 2023 qui a conclu à la violation de l’article 3 en cas d’extradition du requérant vers le Burkina Faso », a résumé le ministère français de la Justice, rapportent toujours nos confrères de RFI. Cet article de la CEDH, indique-t-on, interdit la torture, ainsi que des peines ou des traitements inhumains ou dégradants.

Paul François Compaoré devait être extradé par la France vers son pays le Burkina Faso où il est accusé de l’assassinat d’un journaliste en 1998. Le pays renonce donc à cette extradition en abrogeant le décret de 2020 qui l’autorisait.

Notons que cette décision intervient alors que les autorités burkinabè ont mis aux arrêts quatre agents français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), en début décembre à Ouagadougou, selon une information révélée mardi par le mensuel panafricain Jeune Afrique. Les quatre agents, « en mission officielle », sont accusés « d’espionnage » et « sont incarcérés séparément à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco), la principale prison de la capitale burkinabè », après avoir été « détenus et interrogés dans le plus grand secret à la Direction de la sûreté de l’État (DSE) pendant une dizaine de jours », selon Jeune Afrique.

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