Semaine du Kawar : le Niger dévoile un plan quinquennal pour sauver ses oasis

Face à la dégradation accélérée des oasis du Kawar, le gouvernement a lancé ce 28 juillet à Niamey la 2e édition de la Semaine dédiée au kawar. Un plan d’action 2026-2030, articulé autour de cinq chantiers prioritaires, a été présenté pour endiguer l’ensablement et valoriser les richesses locales.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, a procédé au lancement de la Semaine au Palais du 29 Juillet, en présence des autorités régionales, coutumières et des partenaires techniques. Sous le thème « Sauvons les oasis du Kawar », cette édition intervient alors que la région subit de plein fouet les effets du changement climatique : températures extrêmes, vents violents, raréfaction des pluies et ensablement chronique.

« Le Kawar, notre mémoire, notre grenier, notre identité, est en train de mourir », a alerté le ministre, appelant à une mobilisation nationale immédiate.

Cinq axes pour 2026-2030

Pour répondre à cette urgence, les autorités ont dévoilé un plan d’action quinquennal articulé autour de cinq priorités que sont le Désensablement des oasis pour reconquérir les terres cultivables ;
la Valorisation des produits locaux (dattes, sel, natron) via la création de chaînes de valeur ; la Modernisation des techniques de production du sel et du natron ; le Renouvellement du patrimoine phénicicole (plus de 300 000 pieds de dattiers) ; la Certification des produits pour sécuriser les marchés et rémunérer équitablement les producteurs.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’associer le secteur privé et les collectivités pour transformer ces orientations en réalisations concrètes.

Un département aux atouts considérables

Couvrant les communes de Bilma, Dirkou, Djado et Fachi, le Kawar produit annuellement 30 000 tonnes de sel et 15 000 tonnes de natron. Le Gouvernorat d’Agadez plaide depuis l’année passée pour une industrialisation de ces filières. Idem pour le Capitaine Lamine Hamet Chegou, Préfet de Bilma qui a suggéré d’intégrer ces produits – sel, dattes et « arsa » – dans les circuits d’approvisionnement des cantines scolaires, des formations sanitaires et des casernes militaires, contribuant ainsi à la souveraineté alimentaire.

L’intercommunalité comme moteur

À l’origine de l’événement, l’Association APIK-Baana, créée en novembre 2024, a souligné les acquis de la première édition de 2025.

Le vice-président de l’association a rappelé que le Kawar, malgré son isolement et les défis sécuritaires, regorge d’immenses potentialités agropastorales, touristiques et culturelles.

Programme et perspectives

Jusqu’au 31 juillet, la Semaine du Kawar propose des expositions de produits locaux, des panels techniques et des plaidoiries pour le développement durable des oasis. Les autorités ont lancé un appel aux partenaires techniques et financiers (coopération allemande, Chine, Espagne, UNICEF, OIM) pour financer le plan quinquennal, dont une partie est déjà soutenue par l’État.

« Sauver les oasis du Kawar, c’est sauver des vies, des emplois, une culture et l’avenir de tout un territoire », a conclu le ministre Mahaman Elhadj Ousmane saluant la vision des plus hautes autorités qui ont récemment proposé d’ériger le Kawar en région dans le cadre du nouveau découpage administratif.

Aïr-Info Agadez

Photos : D.R

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*