La salle de réunion de la Croix Rouge a abrité le 27 juillet 2026, un espace de dialogue multi-acteurs autour du thème : Tillabéri que nous voulons à l’horizon 2036 : Passer des discours aux actes ou Tillabéri » kan ir ga ba nde da 2036″ en langue zarma-sonrai.

Organisée par Alternative Espaces Citoyens (AEC) et Avocats Sans Frontières (ASF) dans le cadre d’un programme triennal financé par la DGD Belge pour la période 2022-2026, cette activité a pour objectif global de faire une évaluation de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 au Niger. Elle visait 3 objectifs spécifiques : faire un état des lieux des avancées réalisées, identifier les défis à relever, et formuler des recommandations concrètes aux décideurs.
Malgré le contexte national de mise en œuvre caractérisé par des crises enchevêtrées, AEC estime que ce n’est pas le moment de baisser les bras. L’association a la conviction profonde que les nombreux défis auxquels fait face le Niger peuvent être surmontés, si les fils du pays s’engagent dans un dialogue constructif pour discuter de tous les sujets, sans aucun tabou. C’est pourquoi, elle a entrepris depuis le début de l’année 2026, l’organisation de tables rondes de dialogue tournantes dans les régions, afin de discuter des sujets de préoccupation majeure afin de proposer des pistes d’actions aux décideurs aux niveaux national et local.
L’espace de dialogue de Tillabéri a enregistré la participation de 61 personnes dont 32 femmes et 29 hommes, en majorité des jeunes. Ils sont issus des associations locales des jeunes et des femmes, des OSC leaders d’opinion (artistes, chefs coutumiers et religieux) et des services techniques de l’État.
La cérémonie d’ouverture de cet espace de dialogue a démarré avec l’intervention du Directeur des Programmes d’AEC qui a pris la parole au nom des organisateurs. Après des mots de remerciements aux autorités locales et aux participants pour Ieur mobilisation, il est revenu longuement sur les ambitions des dirigeants africains à travers l’adoption de l’Agenda 2063.
« L’Afrique que nous voulons, tel est le titre de l’Agenda 2063, le plan d’action que le continent s’est donné en 2015 pour les 50 prochaines années. Sa préparation a été lancée en 2013, lors du 50e anniversaire, de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue aujourd’hui l’Union Africaine (UA). L’Agenda 2063 est le prolongement logique et naturel du NEPAD et des autres initiatives du genre, tels que le Plan d’action de Lagos, le Traité d’Abuja, etc. Il comporte sept (7) aspirations, vingt (20) objectifs, trente-neuf (39) domaines prioritaires et soixante-six (66) indicateurs des résultats »
Citant un rapport d’évaluation réalisé en 2021, M. Tcherno Hamadou Boulama, a affirmé que les taux de réalisation de certaines aspirations de l’Agenda se situent entre 37 et 67%. Il a ajouté que les défis les plus notables concernent la nécessité de créer des emplois décents, d’améliorer la qualité de vie, en particulier des populations vulnérables, d’augmenter la productivité agricole et de créer des économies résilientes au changement climatique.
« Le rêve d’AEC concernant le Niger de demain est celui d’un pays uni, bien gouverné, libéré de la faim, de la malnutrition, de la pauvreté, où règne la paix, la sécurité, la démocratie, le respect des droits de l’homme, avec des citoyens bien instruits, en bonne santé et bien nourris » a dit le Directeur des programmes d’AEC.
Il a rappelé que le Niger a intégré les aspirations de cet Agenda dans ses politiques nationales de développement parmi lesquelles la Stratégie de Développement Durable et de Croissance Inclusive (SDDCI Niger 2035) et le Plan de Développement Économique et Social (PDES). L’objectif global est de contribuer à bâtir un pays pacifique, bien gouverné, avec une économie émergente et durable et une société fondée sur des valeurs d’équité et de partage des fruits du progrès.
Selon le dernier rapport d’évaluation des progrès, en ce qui concerne le Niger, le bilan de réalisation de l’Agenda se situe dans l’intervalle de 20 à 29%. Plusieurs objectifs sont à des niveaux de réalisation très insuffisants, voire insignifiants.
Tour à tour, l’Administrateur délégué et le Préfet ont pris la parole pour saluer l’initiative d’AEC d’organiser une activité publique dont la finalité est de contribuer à la recherche de solutions aux problèmes que vivent au quotidien les populations de Tillabéri, une région endeuillée par la crise sécuritaire.
Durant trois (3) heures d’horloge, les débats réalisés en français et zarma sonrai ont permis aux participants de partager des idées, de faire des propositions sur la meilleure manière de s’attaquer aux défis qui entravent la réalisation de l’Agenda continentale. A l’unanimité, les participants à l’espace de dialogue ont invité les décideurs de passer des discours aux actes.
Aïr-Info Agadez



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