Niger : Salem, le fils du président Bazoum, remis en liberté provisoire 

Détenu depuis le 26 juillet par les militaires, Salem Mohamed Bazoum vient d’être remis en liberté provisoire par un juge du tribunal militaire. Il se trouve, à l’heure actuelle, au Togo, selon plusieurs sources. 

Le juge d’instruction du tribunal militaire a accordé, lundi 8 janvier 2024, une liberté provisoire à Salem Mohamed Bazoum, fils du président déchu. Aux côtés de ses parents, l’intéressé était détenu au palais présidentiel par les militaires qui ont renversé, le 26 juillet, le régime de Mohamed Bazoum, son père. Salem, 22 ans, est inculpé pour « complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité ou la sûreté de l’État ».

Le 6 octobre dernier, le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey, statuant en matière de référé et en 1er ressort, avait déjà constaté que Salem Mohamed était victime de « voie de fait » et de « trouble manifestement illicite ». Il avait, par conséquent, ordonné leur cessation immédiate. À travers l’agence judiciaire de l’État (AJE), les avocats de l’État du Niger avaient alors interjeté appel le 17 octobre.

Une condition de la CEDEAO pour lever ses sanctions

La libération de Mohamed Bazoum et sa famille est l’une des conditions posées par la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour l’assouplissement des sanctions qu’elle a infligées au Niger. Les sanctions prises avec l’union monétaire ouest-africaine (UEMOA) le lendemain du coup d’État ayant consacré l’arrivée au pouvoir du conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), dirigé par le général Abdourahamane Tiani.

À l’issue de son dernier sommet du 10 décembre, la CEDEAO avait désigné des médiateurs pour mener des négociations avec les nouvelles autorités au Niger en vue d’une sortie de crise. Ces négociations ont déjà commencé avec l’arrivée à Niamey, le 14 décembre, d’une délégation d’émissaires conduite par le ministre togolais des affaires étrangères, Pr. Robert Dussey. Après une rencontre avec le premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, le chef de la diplomatie togolaise avait affirmé avoir convenu avec lui « du contenu et du timing de la transition » qui est aussi une condition pour que l’institution communautaire allège ses sanctions.

Une avancée pour les négociations 

Une rencontre des autorités nigériennes avec la délégation de la CEDEAO était prévue pour le 10 janvier prochain dans le cadre de ces négociations. Mais, le premier ministre Lamine Zeine a demandé qu’elle soit reportée au 25 janvier en raison des « contraintes liées [à un] calendrier très chargé et d’autres impératifs tout aussi importants ». En ce sens, Lamine Zeine a évoqué les préparatifs du Dialogue National Inclusif dans le cadre duquel des consultations régionales ont déjà été lancées. Selon le CNSP, c’est ce dialogue national qui déterminera la durée précise de la transition que la CEDEAO veut courte.

Par ailleurs, le premier ministre a reçu, lundi 8 janvier, le chef de la diplomatie togolaise qui, à l’issue des échanges, a obtenu la libération provisoire de Salem. Selon plusieurs sources, ce dernier a déjà quitté le Niger et se trouve actuellement à Lomé, au Togo.

À (re)lire aussi : Le président en exercice de la CEDEAO rappelle « l’impératif de réengager le dialogue avec les pays sous régime militaire »

Cette remise en liberté provisoire du fils du président Bazoum constitue sans doute une grande avancée pour les négociations avec la CEDEAO en vue de la levée des sanctions qu’endure le Niger et qui mettent à mal son économie depuis le putsch du CNSP.

Sur X, Robert Dussey a remercié le général Tiani, les membres du CNSP ainsi que le premier ministre Lamine Zeine pour cette décision judiciaire en publiant des documents de son ministère exprimant la gratitude des autorités togolaises envers celles nigériennes.

 

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Journaliste Fact-checker - Blogueur - Communicateur basé au Niger.

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